silence sur les droits
de l'homme
Le discours prononcé par le président américain Barack Obama au Caire sur la réconciliation avec le monde musulman n'a pas évoqué les violations des droits de l'homme commises en Égypte et dans le monde arabe, regrette l'organisation Human Rights Watch (HRW). « Obama a raté une importante occasion de critiquer l'état d'urgence qui sape le respect des droits de l'homme en Égypte, en Algérie et en Syrie entre autres », note l'organisation. Barack Obama « a parlé à juste titre de l'importance de "dire ce qu'on pense", mais n'a pas critiqué le fait que des dissidents, des journalistes et des blogueurs soient emprisonnés en Égypte, Arabie saoudite, Syrie, Tunisie et ailleurs », poursuit le communiqué. Plutôt que de saluer la décision de son propre gouvernement de renoncer à la torture, le président américain « aurait mieux fait d'exhorter les gouvernements de la région, y compris celui de l'Égypte, à faire de même ».
Critiques sur les propos d'Obama sur le voile
Les propos du président Barack Obama prenant la défense du voile islamique sont « une gifle » pour toutes les femmes qui luttent pour ne plus le porter, estime Anne Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, dans un communiqué diffusé hier. Dans son discours prononcé jeudi à l'Université du Caire, « à trois reprises le président américain a pris la défense du voile islamique qui, selon lui, ne serait pas un signe d'inégalité », rappelle-t-elle. « Quelle gifle donnée aux femmes d'Algérie, d'Iran ou d'Afghanistan qui sont mortes dans des conditions atroces pour avoir refusé de porter ce qu'elles croyaient être le signe le plus radical de l'oppression des femmes et de la ségrégation entre les hommes et les femmes », estime Mme Sugier. L'association Ni putes ni soumises a estimé hier que les propos de Barack Obama sur le voile islamique ont « mis à mal le combat de millions de femmes » qui luttent contre « la violence des fondamentalistes ».
« Al-Andalus » et l'Inquisition : l'anachronisme d'Obama
Le président américain Barack Obama a péché par anachronisme, jeudi au Caire, en situant à la même époque la tolérance interreligieuse dans l'Espagne sous domination musulmane et l'Inquisition catholique, s'étonnaient hier les commentateurs espagnols. « L'islam a une fière tradition de tolérance. Nous le voyons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition », a déclaré M. Obama. Cette phrase « démontre une méconnaissance totale de l'histoire de la péninsule ibérique », commentait le quotidien conservateur ABC. Le président américain faisait allusion à l'occupation musulmane d'une grande partie de la péninsule ibérique, « al-Andalus », du 711 à 1492, où cohabitèrent pacifiquement musulmans, juifs et chrétiens. Mais l'origine de l'Inquisition catholique en Espagne ne remonte, selon certains historiens, qu'à 1242. La chasse aux « hérétiques » n'eut cours, jusqu'à la reconquête définitive de l'Espagne en 1492 avec la chute de Grenade, que dans les territoires contrôlés par les rois catholiques. Et la plupart des historiens considèrent que ce n'est qu'à partir de sa refondation en 1478 par les rois catholiques que l'Inquisition devint un instrument à vocation répressive au service de la monarchie. C'est donc bien après l'apogée politique, scientifique et culturelle du califat de Cordoue que les juifs furent expulsés d'Espagne et les musulmans convertis par la force au christianisme.
La presse égyptienne chante les louanges du président US
La presse égyptienne rivalisait de louanges hier pour le président américain, le comparant même à un prophète capable de guérir tous les maux. « Obama, celui qui est attendu », proclame en une le quotidien indépendant al-Masry al-Yom, en référence à l'imam Mahdi, dont les fidèles attendent un retour prochain sur terre pour qu'il y rétablisse paix et justice. « Obama a mis fin au choc des civilisations », n'hésite pas à titrer l'éditorialiste du quotidien officiel al-Goumhouriya, pour qui le discours du chef de la Maison-Blanche constitue le point de départ « d'une nouvelle ère entre les musulmans et l'Amérique ». Dans tous les journaux égyptiens, les photographies d'un Barack Obama figurent en bonne place.
La Maison-Blanche se sert d'Internet pour faire passer le discours
du Caire
La Maison-Blanche a lancé une grande opération de propagande sur Internet, via des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, pour faire entendre le discours du président américain Barack Obama. Déjà exploitée avec succès lors de la campagne présidentielle, cette stratégie s'appuyant sur les nouvelles technologies et les sites de socialisation a visé à diffuser le discours du Caire « sur toutes les tribunes humainement possibles », selon le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs. Diffusé en direct sur le site Internet de la Maison-Blanche, le discours du président américain a été mis en ligne sur YouTube quelques minutes à peine après sa conclusion. WhiteHouse.gov a rapidement fourni un lien vers une version écrite du discours en anglais, illustré par une courte vidéo sur l'itinéraire de musulmans américains employés du gouvernement. Un autre site officiel, America.gov, a mis à disposition en podcast une version audio du discours et des transcripts en arabe, indonésien, chinois, farsi et turc.


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