C'est la première finale dans un grand chelem, mais aussi la première finale dans un tournoi sur terre battue pour Soderling, vainqueur du quadruple tenant du titre Rafael Nadal en huitièmes de finale et sensation de la quinzaine.
Spécialiste des surfaces rapides, le Suédois a surfé sur la confiance emmagasinée au fil des tours pour battre Gonzalez à son propre jeu. Les coups droits du Chilien, réputés être les plus puissants du circuit, lui sont revenus encore plus forts, et souvent près des lignes, lors d'un combat de boxe d'abord inégal, puis très indécis.
Après avoir survolé les deux premiers sets en frôlant la réussite maximale sous les yeux de son illustre compatriote Bjorn Borg, le Suédois s'est retrouvé dans les cordes pour avoir craqué dans les moments importants des deux manches suivantes.
Mené 4-1 au cinquième set, sonné après avoir dilapidé une telle avance, Soderling a alors retrouvé calme et précision à un moment où tout semblait perdu, pour remporter les cinq derniers jeux du match et réussir le plus beau résultat de sa carrière.
« C'était un match incroyable, a-t-il réagi. J'ai très bien joué les deux premiers sets, mais ensuite il a pris le dessus, je n'arrivais plus à la retourner. Quand j'avais un break de retard dans le cinquième set, je me suis dit que je n'avais plus rien à perdre. J'ai commencé à retourner de nouveau très bien et tout a changé. »
À 24 ans, Soderling, qui n'avait encore jamais dépassé le troisième tour d'un tournoi majeur, devient le premier Suédois à atteindre la finale de Roland-Garros depuis 2000 lorsque Magnus Norman, son entraîneur aujourd'hui, s'était incliné face au Brésilien Gustavo Kuerten.
Comme lors de ses matches précédents, il a étonné par sa solidité mentale qui a été jusque-là son gros point faible. Gonzalez, qui briguait une deuxième finale de grand chelem après celle de l'Open d'Australie 2007, s'est montré beaucoup plus nerveux.
Rendu fou furieux par une décision de l'arbitre au quatrième set, le Chilien a même été au bord de la rupture en effaçant la marque litigieuse avec... ses fesses.
Cette capacité nouvelle de Soderling à contrôler ses nerfs sera déterminante demain s'il veut éviter de perpétuer la tradition des joueurs surprise injouables jusqu'en finale mais liquéfiés lors du grand jour.
« Le chemin est encore long, a-t-il souligné. Le match le plus difficile est à venir, je vais essayer de récupérer au maximum d'ici là, mais j'attends ça avec impatience. »
Son parcours cette année jusque-là est un sans-faute puisque après deux premiers tours faciles, il a dû battre quatre joueurs autrement plus référencés que lui sur terre battue, David Ferrer, Rafael Nadal, Nikolay Davydenko et Gonzalez.
Attendu autour de la 12e place mondiale lundi et dans le top 10 s'il gagne le tournoi, Soderling n'avait encore jamais atteint ce niveau sur terre battue. Ses neuf précédentes finales (trois titres) ont toutes eu lieu en salle.


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