« J'ai porté mon deuil et gardé le silence neuf mois durant, a affirmé Yvette Harb, par respect pour l'institution militaire et le sacrifice suprême de mon fils, et pour que mes propos ne soient pas interprétés comme une politisation de cette affaire. Mais les paroles du général Michel Aoun dimanche dernier, et pour la troisième fois, m'ont fait perdre mon sang-froid et m'ont forcée à briser ce silence. Hélas, il s'agit de propos indignes d'un ancien commandant en chef de l'armée. »
Et Mme Harb de rappeler que la première fois que Michel Aoun avait tenu « des propos inadmissibles » a été le jour même où Samer Hanna Harb fut tué. L'ancien commandant en chef de l'armée avait demandé : « Que faisait-il sur les lieux ? » « Le moment est venu de lui répondre et de lui dire que Samer Hanna Harb est libanais, qu'il n'était ni syrien ni iranien, qu'il faisait partie d'une institution qui est à tous les Libanais et au service de tous, et qu'il se trouvait là en service commandé », a affirmé Mme Harb.
« La deuxième erreur du général Aoun, une deuxième offense à la mémoire de Samer, fut commise lors de la "rencontre nationale chrétienne" qui s'est tenue à Batroun, il y a un mois, quand Aoun avait demandé à la foule de ses partisans si le Hezbollah avait enlevé ou tué quelqu'un de Batroun », a enchaîné Mme Harb. Et de renchérir : « Il y a une semaine, lors d'un rassemblement du 8 Mars, il a posé à nouveau cette même question. Il s'était rendu ce jour-là à Tannourine, où les photos de mon fils sont toujours collées aux murs. Leurs couleurs étaient peut-être un peu défraîchies, mais son souvenir continuait d'ensanglanter les cœurs. Hélas, cela n'a pas été suffisant pour rappeler à Michel Aoun qu'un martyr de Tannourine était tombé. Redescendu à Batroun, il avait redemandé en public si le Hezbollah avait enlevé ou tué quelqu'un à Batroun. »
« Si j'avais été là, je lui aurais demandé ce qu'il a fait de l'hommage qu'il aurait dû adresser au souvenir du martyr Samer Hanna Harb, au lieu de défendre ses tueurs qui ont avoué leur crime et se sont tus, alors que lui continue d'en parler », a-t-elle poursuivi.
Et Yvette Hanna Harb de regretter que ce jour-là, elle n'ait pas été sur place pour « reproduire le geste » par lequel un journaliste irakien avait accueilli George Bush durant sa visite en Irak !


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