Outre les conférences et rencontres qui émaillent l'événement, 35 affichages s'inscrivent dans le cadre du Festival Off (puisque tout In qui se respecte a désormais son Off...) et débordent aussi hors des frontières avec des expos à Mexico City, Lima, Milan et au Portugal, qui accueillera deux expositions de la section officielle.
Les artistes de différentes générations, provenance géographique et tendances esthétiques et conceptuelles se réunissent ainsi sous le thème du « Quotidien ».
« De multiples raisons motivent le choix de ce thème, a indiqué le commissaire général de l'événement, Ségio Mah. Il s'agissait, surtout, de réagir et répondre à quelques-unes des tendances actuelles de l'art et de la culture contemporaine qui ont démonté un intérêt réitéré pour les images qui reproduisent et reconfigurent la réalité quotidienne. »
C'est son fameux projet The Atlas Group (1989-2004) que l'artiste libanais Walid Raad présente au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía. Ce travail, rappelons-le, documente l'histoire contemporaine du Liban. La collection de documents qui forment l'archives du Atlas Group est un mélange de preuves, cédées, trouvées ou créées par le propre groupe, dont l'authenticité, l'auteur et la date sont perpétuellement mis en doute. Dans l'exposition, à travers des photographies, des vidéos et une sculpture, Raad crée et produit des documents réels et fictifs de la vie quotidienne au pays du Cèdre, à travers l'humour et la créativité.
À la CasaÁrabe de Madrid, des artistes du Moyen-Orient, dont notamment Lara Baladi et Akram Zaatari, présentent des images diverses de leurs pays et environnements respectifs pour tenter de confronter les stéréotypes prévalant dans le monde occidental.
PhotoEspana accueille également, au Teatro Fernán Gómez, « Années 70. Photographie et vie quotidienne », une exposition qui prétend tracer un regard rétrospectif sur une vingtaine d'auteurs qui ont contribué à définir cette décennie comme l'une des périodes les plus importantes et fructueuse de l'histoire récente de la photographie. Les travaux d'artistes comme David Goldblatt, Christian Boltanski, Anders Petersen, Cindy Sherman, Malick Sidibé, Eugene Richards ou Sophie Calle, entre autres, nous font réfléchir aux questions esthétiques dans une étape durant laquelle l'art et la vie inter-réagissent. Une décennie dans laquelle s'est réveillée une préoccupation particulière pour le quotidien, la poétique du personnel et le paysage de l'intime et des questionnements documentaires non conventionnels.
La Fundación Telefónica montre le travail photographique de l'artiste allemand Gerhard Richter. Photographies peintes est une série développée durant plus de 20 ans et qui regroupe plus de 300 images provenant de collectionneurs privés ainsi que de la propre collection de l'artiste.
Dans le Jardin botanique royal, Larry Sultan & Mike Mandel présentent Evidence, un projet artistique qui consiste à rassembler des photographies documentaires, parmi lesquelles se trouve du matériel policier, légiste et juridique, dont le but original était d'avoir un caractère purement objectif et instrumental.
Ailleurs, le travail de Patrick Faigenbaum et ses portraits de l'aristocratie italienne, avec lesquels il s'est fait connaître, ou encore celui de Zhao Liang. L'artiste chinois expose la vidéo City Scenes (Scènes urbaines), une observation pointue sur la réalité sociale de son pays à travers des scènes saisies dans les rues de Pékin.
Annie Leibovitz. A Photographer Life 1990-2005 donne à voir 220 images, parmi lesquelles se détachent les portraits de personnages publics, comme Nicole Kidman, Brad Pitt ou Demi Moore, des travaux de commande, comme celui réalisé proche du site de Sarajevo dans les années 90 et des photographies de moments intimes de sa vie.
Les grands maîtres ne sont pas en reste à PhotoEspana. Dorothea Lange, les années cruciales offre près de 140 photographies d'une étape fondamentale pour Lange, les années 30 et 40, période durant laquelle elle documenta les projets de la Farm Security Administration dépeignant la situation difficile à laquelle son pays était confronté et qui fut aussi l'antichambre des prospères années cinquante.
Le prolifique artiste tchèque Jindrich Styrsky accroche 60 photographies en noir et blanc réalisées durant les années 30, considérées comme un grand apport du surréalisme à la photographie moderne. Une centaine d'images en noir et blanc d'Ugo Mulas, où les visiteurs peuvent apprécier les innovations d'un artiste jouissant d'une réputation d'excellent portraitiste, photographiant des personnalités du monde de l'art de New York dans une période d'explosion artistique.
Depuis sa création en 1998, partenaires publics et privés ont marché main dans la main pour donner à PhotoEspana les moyens de ses ambitions. Résultat, plus de 2 000 artistes s'y sont succédé, plus de 5 millions de visiteurs ont répondu présent et découvert le panorama exigeant de la photographie mondiale qui s'y dévoile chaque année. Du coup, Madrid s'est fait une place au soleil des grands événements mondiaux aux côtés d'Arles, par exemple.

