Cinq Iraniens ont été tués lundi dans un incendie criminel au siège d'une société liée au régime à Zahedan, une ville du sud-est de l'Iran à forte minorité sunnite secouée dimanche par des troubles interreligieux après un attentat anti-chiite ayant fait 25 morts jeudi.
"Les victimes sont toutes des employés de l'institution financière et de crédit Mehr, qui ont perdu la vie dans un incendie criminel qui a embrasé le bâtiment lundi", a rapporté le site de la chaîne iranienne PressTV qui émet en anglais.
L'institution visée est liée au Bassidj, milice islamiste qui dépend du corps des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.
L'incendie est survenu au lendemain de troubles interreligieux dans cette ville, où la police a annoncé l'arrestation d'"éléments incontrôlés".
Selon le principal responsable religieux sunnite local, les heurts ont éclaté après une tentative d'agression dont il a été victime: "Nous avons condamné l'attentat de jeudi et nous sommes allés (à la mosquée chiite visée par l'attentat) pour prononcer une prière, mais certaines personnes ont lancé des slogans contre moi (...) un de mes gardes du corps a été frappé".
"Lorsque l'information concernant cette agression s'est répandue dans la ville, des gens ont commencé à se rassembler pour protester", a-t-il poursuivi, dans des déclarations au quotidien Etemad, en appelant la population au calme.
Le vice-commandant de la police, le général Ahmad Reza Radan, a annoncé lundi l'arrestation d'"éléments incontrôlés", parmi lesquels figurent des sunnites et des chiites, qui ont tenté dimanche de provoquer "des divisions entre chiites et sunnites dans la région", selon l'agence de presse Mehr.
"Le calme est revenu avec l'intervention des responsables et des leaders religieux de la province", a-t-il ajouté.
Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a de nouveau appelé les musulmans chiites et sunnites à éviter toute division qui porte atteinte "à l'unité nationale", selon la télévision d'Etat.
Il a par ailleurs assuré devant un rassemblement à Téhéran que "les tentatives des ennemis de déstabiliser le pays ou d'agir contre son indépendance et son progrès devraient être contrecarrées".
"Notre peuple est en alerte et doit riposter" à ces tentatives, a dit le guide, cité par l'agence Fars.
La population iranienne, forte de 70 millions d'habitants, est composée à plus de 90% de chiites, les sunnites représentant moins de 10%. La province de Sistan-Balouchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan et dont Zahedan est le chef-lieu, abrite une forte minorité sunnite.
Ces troubles sont intervenus trois jours après un attentat suicide contre une mosquée chiite de Zahedan qui a fait jeudi 25 morts et 125 blessés. L'attentat a été attribué au groupe rebelle sunnite Joundallah (soldats de Dieu) et trois hommes ont été pendus samedi pour "complicité".
Ces dernières années, le Sistan Balouchistan a été le théâtre de nombreux attentats et actions armées, attribués à Joundallah, qui revendique une plus grande autonomie pour la minorité baloutche sunnite.
Lundi, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a affirmé que le groupe est "lié aux forces étrangères basées en Afghanistan", accusant une nouvelle fois les Etats-Unis de soutenir ces rebelles.
L'Iran connaît une période de tension en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 12 juin.
Samedi, une bombe artisanale a été neutralisée dans un avion de ligne qui se rendait d'Ahvaz (sud-ouest) à Téhéran. La veille, des hommes armés avaient ouvert le feu contre une permanence électorale du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à Zahedan, blessant trois personnes dont un enfant.
"Les victimes sont toutes des employés de l'institution financière et de crédit Mehr, qui ont perdu la vie dans un incendie criminel qui a embrasé le bâtiment lundi", a rapporté le site de la chaîne iranienne PressTV qui émet en anglais.
L'institution visée est liée au Bassidj, milice islamiste qui dépend du corps des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du...


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