Les différentes institutions spécialisées dans le 7e art, notamment la « Fondation LibanCinéma », représentée par Aimée Boulos, le « Festival international du film de Beyrouth », conduit par Colette Naufal, avaient réussi jusqu'à présent, malgré les difficultés que traverse le pays, à ne pas manquer ce rendez-vous incontournable. Cette année, plus qu'aucune autre, elles étaient là, fortes de l'appui offert par l'Office du tourisme libanais pour faire connaître le Liban.
Un rôle fédérateur
et engagé
« Cela fait six ans qu'en accord avec le ministère du Tourisme, et particulièrement son directeur général, Nada Sardouk, nous avons décidé de toucher à d'autres vecteurs de communication, comme les affaires culturelles et artistiques (livre, cinéma, musique et l'événementiel, que nous sponsorisons ou produisons), pour maximiser l'information positive sur le Liban, a dit Serge Akl. Nous sommes donc présents depuis cinq ans au Festival de Cannes et soutenons la Fondation LibanCinéma ». « Mais aujourd'hui, a-t-il poursuivi, nous avons voulu jouer un rôle fédérateur et engagé. »
Le pavillon libanais affirme sa présence à Cannes et accueille donc les institutions libanaises liées au cinéma. Outre ce rôle fédérateur, l'Office du tourisme a tenu à s'engager en accompagnant le festival dans ses multiples activités. Ainsi, nous nous sommes lancés dans un projet baptisé « Location guide », une sorte de Who's Who cinématographique qui éclairerait les producteurs et réalisateurs étrangers, et les aiderait à retrouver leurs homologues libanais. Conçu et développé en trois mois spécialement pour le festival, avec la coopération d'une société française et de la société de développement et de communication « Amphipole » de Tania et Cyril Hadjithomas, ce répertoire professionnel a été réalisé d'une manière moderne en deux langues, française et anglaise. Www.a 35mmdebeyrouth.com (en français) et www.35mmfrombeirut.com (en anglais) sont donc deux sites Web que le pavillon libanais a présenté le 15 mai à Cannes sous forme de coffret cadeau avec une clé USB de 2 gigas. Applaudi par la presse, notamment Le film français et Variety, et ayant attiré l'attention de la chaîne officielle du festival et de France 24, ce projet est considéré comme un franc succès.
Une première pierre
Que comprend-il au juste ? Le site répertorie les noms des cinéastes et leurs œuvres, la liste des films des années 90 à nos jours, les boîtes de production, les institutions et les écoles de cinéma. Est également racontée l'histoire du cinéma libanais, sans oublier la bande-son des films et les groupes rock qui ont participé à cette bande-son. En bref, tout l'aspect complet du cinéma.
Le « Location guide » se décline ensuite par le voyage de familiarisation pour des producteurs, distributeurs et acheteurs étrangers. « Ainsi, le premier voyage aura lieu en octobre en coopération avec Unifrance, signale Serge Akl, et grâce à notre présence à Cannes, de nombreux producteurs se sont montrés intéressés par cette proposition. Ce moyen permettra de tisser un lien artistique cinématographique entre le Liban et la France, ainsi que l'Europe ».
« En outre, ce site est aussi le label de l'Office du tourisme dans le milieu du cinéma, ajoute Akl, ce n'est donc pas l'aspect vitrine mais aussi le volet économique que nous visons. » Ayant poursuivi une formation de sciences politiques et de relations internationales, Serge Akl tente par cette initiative de restructurer et de construire cet aspect de la société culturelle. Et de poursuivre : « Notre présence à Cannes a facilité les contacts, mais notre rôle ne s'arrête pas là. Le site va d'abord s'enrichir de jour en jour. Ensuite, nous espérons, dans quelques années, créer une commission du film au Liban avec l'aide du gouvernement, qui s'occuperait de promouvoir le cinéma d'une manière professionnelle et structurée. »
Pour sa part, Aimée Boulos s'est dit enchantée de retrouver ce pavillon qui porte haut le nom du Liban. « Il faut toujours affirmer notre présence sur cette plate-forme internationale. Et quoi de mieux que Cannes qui nous permet élégamment de nous replacer sur l'échiquier cinématographique mondial. Certes, cette année, nous ne présentons pas de film dans les sections importantes, mais nous avons apporté l'œuvre de Samir Habchi, Beirut Open City, et nous avons eu l'occasion de la présenter en salle. Par ailleurs, certains scénaristes libanais ont fait le voyage à Cannes pour proposer leurs scénarios à des professionnels. Ayant organisé des contacts, nous avons pu intéresser le milieu par un scénario en particulier. » « Enfin, le pavillon est là, ajoute Boulos, pour être une plaque tournante pour ceux qui sont intéressés et désireux de mieux connaître la production cinématographique libanaise. »
Enfin, Colette Naufal s'est dit très confiante dans ce projet fédérateur qui permettra de cadrer toutes ces organisations un peu éparpillées. Par ailleurs, le Festival international du film de Beyrouth, qu'elle organise dès à présent en faisant des contacts à partir de Cannes, permettra déjà d'inviter des grands noms du cinéma, notamment Costa Gavras et Paolo Benvenuti.
Le pavillon libanais à Cannes est un lieu où tous les intéressés par le septième art viennent se retrouver et échanger des idées et des projets comme Hania Mroué et Zeina Sfeir de Beirut D.C., ainsi que des cinéastes et des comédiens. C'est également le lieu où le projet « Location guide » est né.
Des efforts conjugués et réalisés dans le cadre de cette dynamique de Cannes pour booster un cinéma libanais ambitieux et prometteur.


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