Le président français Nicolas Sarkozy arrive lundi soir aux Emirats arabes unis pour y consacrer la présence militaire permanente de la France au Moyen-Orient et soutenir ses entreprises, à la lutte pour y décrocher de gros contrats dans la défense et le nucléaire civil.
Accompagné de quatre ministres et d'une flopée de grands patrons, M. Sarkozy doit entamer son séjour d'une vingtaine d'heures à Abou Dhabi par un dîner privé avec le prince héritier de l'émirat, cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane. Il y inaugurera mardi la toute nouvelle base permanente de l'armée française, la première ouverte à l'étranger depuis les indépendances africaines.
Comme l'a expliqué le chef de l'Etat à l'agence de presse émiratie Wam, ce déploiement au bord du stratégique détroit d'Ormuz concrétise d'abord l'intérêt de la France pour une région où transitent, le long de l'Iran, quelque 40% de la production pétrolière de la planète.
"La France montre ainsi qu'elle est prête à prendre toutes ses responsabilités pour garantir la stabilité dans cette région essentielle pour l'équilibre du monde", a-t-il affirmé.
A l'heure où le monde occidental accuse l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, la sentinelle française a aussi valeur de message politique pour ses voisins arabes modérés. "Avec cette présence militaire permanente, la France s'engage résolument aux côtés de ses amis (émiratis) pour leur sécurité", a assuré Nicolas Sarkozy.
"Nous nous plaçons délibérément dans une position de dissuasion (...) si l'Iran attaquait, effectivement, nous serions attaqués aussi", résume-t-on sans la moindre ambiguïté à l'Elysée.
Ouverte à la demande des Emirats, la base française a précipité la remise à plat des relations militaires franco-émiraties. Un nouvel accord de défense entre les deux pays sera signé mardi et remplacera celui de 1995. Ce texte devrait être publié, conformément à une promesse présidentielle.
Certaines voix à Paris, dont l'opposant François Bayrou, ont déjà vu dans le déploiement français à Abou Dhabi un virage stratégique et dénoncé le risque de voir la France "entraînée malgré elle dans un conflit".
Inauguré un an et demi à peine après son lancement, le "Camp de la paix" français doit héberger dès juillet 400 à 500 soldats sur trois sites. Une base navale et de soutien logistique dans le port d'Abou Dhabi, une base aérienne où stationnera un détachement d'au moins trois avions de combat et un camp d'entraînement au combat urbain en zone désertique.
"Cette base a une vocation générale de soutien de nos forces déployées dans l'océan Indien mais servira aussi a développer la coopération militaire bilatérale", a résumé lundi son commandant, le colonel Hervé Cherel.
Nicolas Sarkozy lui-même lui a fixé à demi-mot un troisième rôle potentiel, celui de vitrine commerciale des armements français, dont l'armée émiratie est une fidèle cliente. "Nos partenaires (émiratis) auront l'occasion de se familiariser avec les matériels français et d'en apprécier les performances", a-t-il dit dans la revue Diplomatie.
Dans sa ligne de mire figure un contrat pour l'achat de 60 Rafale, qui n'a toujours pas trouvé preneur à l'étranger.
Les Emiratis ont fait savoir l'an dernier qu'ils envisageaient "sérieusement" de remplacer leurs 60 Mirage 2000 par l'avion de combat de Dassault. "Ca avance", mais aucun contrat ne sera signé pendant la visite de Nicolas Sarkozy, a confié prudemment l'Elysée.
Le chef de l'Etat français souhaite également profiter de sa visite pour faire la promotion auprès de ses hôtes du consortium français composé d'Areva, GDF-Suez, Total et EDF, en compétition avec les Américains et les Sud-Coréens pour la fourniture de centrales nucléaires.
Accompagné de quatre ministres et d'une flopée de grands patrons, M. Sarkozy doit entamer son séjour d'une vingtaine d'heures à Abou Dhabi par un dîner privé avec le prince héritier de l'émirat, cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane. Il y inaugurera mardi la toute nouvelle base permanente de l'armée française, la première ouverte à l'étranger depuis les indépendances africaines.
Comme l'a expliqué le chef de l'Etat...


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