Son expérience en France, où Carlos Khachan a étudié et vécu durant de nombreuses années, lui a donné « de nouvelles habitudes alimentaires et de vie », raconte-t-il. » Au menu, les - très vite devenus indispensables - baguette, fromage et bonne bouteille de vin. Un échange convivial entre amis et l'envie d'en savoir plus.
Ingénieur agronome de formation, c'est en accomplissant un master en analyse sensorielle à l'Ensia (École nationale supérieure d'industrie agroalimentaire), à Montpellier, que tout a commencé. Là, il apprend à disséquer les cinq sens. « Il s'agit, dit-il, de rendre la sensation objective à travers un consensus. En analysant les profils sensoriels des denrées alimentaires et en les associant aux préférences du plus grand nombre. Notre intervention, concrète, peut influencer le comportement alimentaire. » Intéressé par le vin, il se spécialise dans la matière à l'université du vin de Suze-La Rousse. Major de promotion, il devient sommelier, expert en vin. « J'ai pu obtenir une accréditation pour ouvrir une université de vin au Liban. Le projet est en cours de préparation. » Enfin, il a obtenu un doctorat de l'Université catholique de Louvain et a subi plusieurs formations intensives en Espagne et en France. Depuis son retour au Liban, il enseigne à la LAU l'initiation au vin, eau-de-vie et cigare ; l'introduction à l'agroalimentaire à l'USEK ; l'œnologie à la LAU, LGU, AUST et à l'école hôtelière de Dekwané. Bref, il tente, avec une belle énergie, de semer partout où il le peut les graines de sa passion et celles de l'art de déguster et d'apprécier.
Un club ambitieux
« J'ai fondé le Club Grappe, poursuit-il, par envie de partage et de convivialité. » Avec à ce jour quelque 2 600 adhérents, un certain nombre d'activités régulières et trois événements annuels, il tente de rallier le plus de gens à sa noble cause ! En décembre, le club a organisé le premier festival de vin au vieux souk de Zouk, avec la complicité de la municipalité. Il prépare pour octobre un Salon du vin et de la gastronomie, avec la participation de nombreux experts et sommeliers internationaux. Et en février 2010, un Salon pour les vins méditerranéens, « afin de promouvoir les vins libanais dans la région et vice-versa ». De plus, une « route du vin » est proposée régulièrement, à emprunter en groupe durant un jour ou un week-end, une participation à des vendanges, et enfin une formation d'initiation à la dégustation du vin.
« Les deux journées que nous proposons au musée Robert Mouawad tentent de réunir l'art et le vin. Nous tenons également à mettre en valeur les petits producteurs qui font un produit de grande qualité. » Au programme, des expositions de peintures et de photographies de nouveaux talents, des dégustations de vin et d'amuse-bouches, avec conseils de professionnels, dans le cadre magnifique du musée et auprès de ses pièces les plus précieuses. « Il faut savoir déguster pour savoir acheter », précise Carlos Khachan. La signature par Camil el-Khoury, coach et consultant en management, de son ouvrage Do what you love, love what you do. Le tout sur des airs d'opéra chantés par le célèbre ténor Edgar Aoun le samedi à 16 heures, et la non moins célèbre soprano Ghada Ghanem le dimanche matin. Les jardins du musée n'en seront que plus enchantés et enchanteurs. L'ONG Arcenciel sera également présente pour faire, à sa façon, partie de la fête.
Ce premier rendez-vous, s'il atteint ses objectifs, une satisfaction générale, promet de devenir annuel.
*« La 1re rencontre des fins gourmets artistes », au musée Robert Mouawad, samedi 30 mai de 16 heures à minuit, et dimanche 31 mai de 10 heures à minuit. Entrée à 10 $ par personne.


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