Elles sont accusées « d'avoir collaboré avec Israël et d'être entrées sur son territoire, et d'avoir fourni des informations sur des personnalités et des positions militaires libanaises », a indiqué une source proche du dossier, sans donner d'autres détails.
Au total, 18 personnes, dont 12 sont actuellement détenues, ont été inculpées pour espionnage depuis avril, parmi lesquelles un ex-général de la Sûreté générale, sa femme et son neveu, qui ont reconnu avoir travaillé pour le compte d'Israël pendant plus de 15 ans.
Selon notre chroniqueuse judiciaire Claudette Sarkis, les trois personnes inculpées hier par contumace sont Jamal Nehmé Daou, Ali Adib et Abou Mohammad, l'identité des deux derniers n'étant pas entièrement connue. Les deux détenus sont Hassan Mohammad Chéhab et Chawki Nazih Abbas, et leur dossier a été transféré au premier juge d'instruction militaire, Rachid Mezher.
Des sources qui suivent le dossier ont assuré à l'agence al-Markaziya que « les enquêtes préliminaires ont montré que ces réseaux étaient chargés de photographier les maisons de certains grands responsables, notamment des hommes politiques et des responsables sécuritaires. Des photos de sites dans les régions chrétiennes ont été découvertes sur certains suspects. Toujours selon ces sources, un matériel très important aurait été saisi auprès de l'un des suspects arrêté à Saadnayel (Békaa), mais leur analyse attendrait des expertises venues de l'étranger.
Le Liban est encore techniquement en guerre avec Israël. Les agents démasqués encourent la prison à vie assortie de travaux forcés. Si le juge estime que cette collaboration a causé la mort, il peut demander la peine capitale. Deux suspects ont par ailleurs fui dernièrement vers Israël.
Réactions
Le dossier de l'espionnage continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux politiques. Le président du Parlement Nabih Berry a estimé qu'il fallait « rester vigilant face au danger représenté par Israël, qui est sur le qui-vive autant par ses réseaux d'espionnage que par l'étendue de son action sur tout le territoire libanais ».
L'ancien Premier ministre et candidat aux élections à Tripoli, Nagib Mikati, a affirmé hier que « la découverte des réseaux nécessite une action libanaise et internationale, car ces réseaux représentent une agression continue contre le Liban et une violation de la résolution 1701 ». M. Mikati a salué au passage le « rôle joué par les services de renseignements des Forces de sécurité intérieure et de l'armée libanaise qui déploient de grands efforts pour préserver la sécurité et faire la lumière sur ces réseaux ».
Le député Oussama Saad a appelé le gouvernement « à porter plainte urgemment au Conseil d'État de l'ONU contre l'agression perpétrée par Israël par le biais de ses réseaux d'espionnage ».
Le chef du bureau politique du mouvement Amal, Jamil Hayek, a pour sa part mis en garde contre « le complot fomenté par Israël à travers les manœuvres militaires, estimant que les réseaux d'espionnage qui sont découverts jour après jour à travers l'ensemble des régions libanaises constituent un prolongement et une perpétuation de l'occupation. Elles représentent en outre une forme d'agression continue contre le Liban, son peuple et sa souveraineté, et une indication que le Liban a été et continuera d'être la cible des projets israéliens ».
L'ancien député, Émile Émile Lahoud, s'est dit « étonné de la faiblesse de la position officielle libanaise et internationale envers ce qui se passe au plan des réseaux d'espionnage ». « Que sont donc devenus la résolution 1701, les résolutions internationales et les observateurs internationaux », s'est-il demandé, exprimant sa surprise de « l'absence de position sérieuse de la part du gouvernement actuel ».
Le parti Baas, pour sa part, a salué « la réalisation sécuritaire nationale qu'il faut suivre pour mettre un terme aux violations par l'ennemi de notre sécurité nationale ».

