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Moyen Orient et Monde - Législatives Indiennes

Victorieux, le Parti du Congrès prépare son gouvernement

Manmohan Singh est assuré de retrouver son poste de Premier ministre qui doit être mis sur pied d'ici au 2 juin.
Le Parti du Congrès au pouvoir en Inde préparait hier un gouvernement de coalition solide après son triomphe aux élections législatives, au moment où le pays traverse une zone de turbulences. Les résultats complets de la commission électorale pour les 543 sièges de l'Assemblée donnent 261 députés à l'Alliance unie et progressiste (UPA) conduite par le Congrès (centre-gauche, laïc) contre 159 à l'Alliance nationale et démocratique (NDA) menée par le Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party, BJP, droite hindoue). À lui seul, le Congrès rafle 206 sièges, son meilleur score depuis 1991. L'UPA n'a plus qu'à attirer une dizaine de parlementaires indépendants pour obtenir la majorité des 272 sièges, a exulté Janardhan Dwivediun, porte-parole d'un Congrès en position de force après une réunion dimanche avec ses partenaires.
« King Cong ! » titrait le quotidien Asian Age en faisant un jeu de mots avec le nom « Congrès » et surpris, comme toute la presse, par sa très nette victoire. Les visages rayonnants du Premier ministre sortant Manmohan Singh et de l'influente présidente du Congrès, Sonia Gandhi, s'affichaient en une de tous les journaux. À 76 ans et malgré un quintuple pontage coronarien en janvier, le sikh Manmohan Singh est assuré de retrouver son poste de chef d'un gouvernement qui doit être mis sur pied d'ici au 2 juin.
Les législatives, surnommées le « plus grand exercice démocratique au monde », s'étaient déroulées en cinq phases du 16 avril au 13 mai avec la participation de 60 % des 714 millions d'électeurs. La performance du Congrès lui permettra de commander presque seul un mastodonte de 1,17 milliard d'âmes - mosaïque d'ethnies, cultures et castes, aux 18 langues officielles - et au paysage politique fragmenté en une myriade de partis régionaux.
Dès samedi, le Premier ministre se félicitait que « le peuple de l'Inde (ait) parlé avec une grande clarté ». De fait, le BJP nationaliste hindou de Lal Krishna Advani, 81 ans, a subi une déroute, ainsi que les ex-alliés communistes du Congrès. « Le peuple indien ne voulait rien qui le divise en ces temps d'incertitude », analyse la politologue Neerja Choudhury. De fait, « le nouveau gouvernement retrouve le pouvoir dans un contexte de récession mondiale profonde et de graves troubles dans le voisinage » de l'Inde, a prévenu M. Singh, cité par le porte-parole du Congrès.
Le pays est effectivement dans une mauvaise passe. La 10e économie mondiale souffre de la crise venue d'Occident qui a presque divisé par deux en deux ans son taux de croissance et mis au chômage 10 millions de travailleurs. L'Inde reste aussi travaillée par de criantes inégalités : 40 Indiens détiennent à eux seuls 300 milliards de dollars, pendant que 620 millions d'autres survivent chacun avec moins de 1,35 dollar par jour. Ce pays, né en août 1947 de la partition sanglante de l'Empire britannique des Indes, est toujours la proie de tensions interreligieuses entre hindous (80,5 %), musulmans (13,5 %) et chrétiens (2,3 %).
Cette puissance nucléaire se sent aussi encerclée par « un anneau de feu », entre un Pakistan chaotique, un Sri Lanka en guerre et un Bangladesh ou un Népal fragiles. L'Inde est encore traumatisée par les attentats de Bombay en novembre (174 tués) imputés à un groupe islamiste pakistanais et est fragilisée par ses insurrections maoïstes, islamistes ou régionalistes. Beaucoup d'Indiens, dont les deux tiers ont moins de 35 ans, misent sur le fils de Sonia Gandhi, Rahul, 38 ans. La presse spécule sur une retraite de M. Singh en 2011 pour laisser M. Gandhi suivre les pas de son père Rajiv et de sa grand-mère Indira, deux ex-Premiers ministres, assassinés en 1991 et en 1984.

Le Parti du Congrès au pouvoir en Inde préparait hier un gouvernement de coalition solide après son triomphe aux élections législatives, au moment où le pays traverse une zone de turbulences. Les résultats complets de la commission électorale pour les 543 sièges de l'Assemblée donnent 261 députés à l'Alliance unie et progressiste (UPA) conduite par le Congrès (centre-gauche, laïc) contre 159 à l'Alliance nationale et démocratique (NDA) menée par le Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party, BJP, droite hindoue). À lui seul, le Congrès rafle 206 sièges, son meilleur score depuis 1991. L'UPA n'a plus qu'à attirer une dizaine de parlementaires indépendants pour obtenir la...
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