Le n° 2 de l'État a commencé par rappeler les constantes que la liste qu'il présidera défend depuis le scrutin de 1992. Un : que le Liban est invité à « jouer un rôle éminent dans le monde de par le niveau de coexistence entre les Libanais, de par son impact au niveau du dialogue arabo-européen... Tout cela ne peut être que si l'équité et la justice priment entre les Libanais », a-t-il estimé. « Le Liban est le pays où le sang des martyrs a empêché les divisions, l'implantation et la création de mini-États. » Et d'insister ensuite sur le fait que le Liban doit rester attaché à ses « responsabilités historiques avec la Syrie et le peuple palestinien », notamment en ce qui concerne son droit au retour, avant que de rappeler l'attachement viscéral de cette liste au « choix de la résistance, une résistance nécessaire et urgente pour le Liban en raison de l'occupation persistante par Israël des fermes de Chebaa, des collines de Kfarchouba et de la partie nord de Ghajar, sans parler des violations militaires de la souveraineté libanaise, qu'elles soient terrestres, aériennes ou maritimes », a-t-il dit.
« Notre liste va continuer à œuvrer pour parachever l'application de la résolution 425 et appuie le gouvernement libanais dans l'exécution de toutes les clauses de la résolution 1701 que le Liban se doit d'assurer : la liste s'emploiera donc, par le biais de la Chambre, à renforcer l'armée, son rôle et ses responsabilités », a encore assuré Nabih Berry, relevant que le Liban se doit de contribuer au renforcement de la confiance interarabe et de l'efficacité d'une action commune sur tous les plans. Il a insisté sur le fait que le Liban doit soutenir tout ce qui pourrait contribuer à blinder les relations avec la Syrie, avec l'Iran et avec la Turquie, notamment par le canal de la diplomatie parlementaire.
Nabih Berry a ensuite exposé la feuille de route de son bloc. Un : voter le budget « avec, à sa tête, et en son cœur, celui du Conseil du Sud », sans oublier le paiement des indemnités en tout genre. Deux : « Dans un souci d'asseoir la paix civile et la stabilité, nous certifions à 100 %, à un million pour cent, que nous n'avons jamais été, à ce niveau, dans une optique d'autodéfense. Il est inadmissible de dire à ceux qui ont offert leur sang en faveur de la patrie et de l'unité de l'ensemble de ses habitants qu'ils sont contre un accord sur lequel se sont entendus tous les Libanais ; voilà pourquoi nous réaffirmons à 100 % notre attachement à l'accord de Taëf et à son application exhaustive », a juré le président de la Chambre. Et d'ajouter : « Nous tenons pour la millième fois à dire que nous, l'opposition, ne pouvons pas être accusés de promouvoir les trois tiers, les quatre quarts, les cinq cinquièmes ou les six sixièmes... Je n'ai entendu personne, absolument personne, au sein de l'opposition, évoquer les trois tiers - d'où vient alors cette accusation ? Est-ce une colère de Dieu ? Je ne sais pas comment cela a été inventé, et j'ai été particulièrement triste d'entendre (avant-hier), de Saïda même, des propos sur les trois tiers alors que nous discutons tous ensemble autour de la table de dialogue que préside le président Michel Sleiman », a continué le chef du Législatif avant de s'employer à « expliquer » sa version des événements qui ont ensanglanté Beyrouth et la Montagne le 7 mai 2008 et de nier en bloc le fait que le 8 Mars veut imposer l'accord de Doha en lieu et place de celui de Taëf. « À mon humble avis, Doha a expliqué Taëf en ce qui concerne le gouvernement d'union nationale », a jugé Nabih Berry. « Toute l'opposition, et je parle en son nom, est attachée à l'accord de Taëf dans toutes ses clauses - et il faut les appliquer toutes », a-t-il encore et encore répété, avant de jurer ses grands dieux que « personne, ni le général Aoun ni aucun autre, n'envisage une seconde de toucher à la présidence, de raccourcir le mandat du chef de l'État ».
Nabih Berry s'est également arrêté sur plusieurs sujets, du Conseil constitutionnel, s'étonnant de la non-désignation des cinq membres restants afin que cette instance puisse jouer son rôle durant les élections et après, jusqu'à la surveillance par des pays tiers du scrutin, « cela n'aurait pas été possible sans le rôle joué par la résistance », en passant par le cas de Jezzine : « Les élections à Jezzine n'auront aucun impact sur l'alliance entre les pôles » du 8 Mars dans les autres circonscriptions, a-t-il promis.
Enfin, le n° 2 de l'État s'est indigné des mises en garde du 14 Mars en cas d'une victoire de l'opposition au matin du 8 juin : « Cela est très dangereux », a-t-il estimé, notamment sur l'influence que de tels propos pourraient avoir sur les comités étrangers qui contrôleront le scrutin.
Signalons enfin que les candidats présents autour de Nabih Berry hier sont : Mohammad Raad, Abdel-Latif Zein et Yassine Jaber pour Nabatiyeh ; Mohammad Fneich, Ali Khreiss, Abdel-Majid Saleh et Nawaf Moussaoui (Tyr) ; Ayoub Hmayed, Hassan Fadlallah et Ali Bazzi (Bint Jbeil) ; Assaad Hardane, Anouar el-Khalil, Ali Hassan Khalil, Kassem Hachem et Ali Fayad (Marjeyoun) ; Ali Osseirane, Michel Moussa et Nabih Berry (Zahrani) ; Nasser Nasrallah (Békaa-Ouest) ; Ghazi Zeaïter (Baalbeck-Hermel) et Hani Kobeissi (Beyrouth II). Nabih Berry a assuré que Samir Azar annoncera très prochainement la liste de Jezzine.

