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Culture - Concert

Un quintette dans les filets d’une truite…

D'un « trio » de Chostakovitch à un quintette de Schubert, la musique de chambre avait d'éclatants échos à l'amphithéâtre Aboukhater (USJ) sous l'égide des concerts organisés les mardis soir par  le Conservatoire supérieur de musique.
Deux partitions seulement pour les fidèles mélomanes pour ce concert où cinq musiciens sous les feux de la rampe, tous vêtus de noir, ont donné vie et voix aux pages de Dimitri Chostakovitch et Frantz Schubert.
Familiers, pour la plupart, au public par leurs nombreuses prestations sur les scènes locales, les artistes étaient donc Ondin Brezeanu au violon, Anna Gyochyan à l'alto, Roman Storojenco au violoncelle, Khachatur Savzyan à la contrebasse et Walid Moussallem au piano.
Premières mesures graves placées sous le signe d'une certaine mélancolie avec le Trio en do majeur pour piano, violon et violoncelle de celui qui irrita Staline (au point que ce dernier quitta ouvertement la salle en pleine représentation) avec sa sulfureuse Lady Macbeth de Mtsensk, mordante critique du régime soviétique totalitaire...
On écoute ici une œuvre d'une délicieuse modernité, certes, mais ne cédant guère à des dissonances violentes ou des harmonies stridentes. Habitées d'une humeur chagrine, conciliant angoisse et peur, ces lignes d'une mélodie souvent enrobée de douceur ont quand même d'évidents éclats dramatiques où clavier, violon et violoncelle (il ne faut pas l'oublier, Chostakovitch était un grand ami de David Oïstrakh et de Rostropovitch !) ont de troublantes et profondes correspondances...
Le morceau de choix dans ce concert limité à deux opus reste sans nul doute le magnifique et célèbre Quintette en la majeur op 114, connu aussi sous la désignation de La truite de Schubert. Une des œuvres les plus brillantes et les plus innovatrices du répertoire de la musique de chambre par le maître incontesté du lied. D'ailleurs, cet opus est né d'un lied inspiré d'un poème cruel de Goethe sur cette truite prise, sans pitié ni états d'âme, par un impénitent pêcheur...
Mais, avec le temps, c'est la truite qui a mis la musique dans ses filets ! Car les images sonores de Schubert sont désormais gravées à jamais, en lettres d'or, dans les
mémoires...
Frétillante, luisante, la truite fend tranquillement son chemin dans les eaux douces de la rivière, inconsciente de ce qui l'attend au bout de l'hameçon...
Cinq mouvements (allegro vivace, andante, scherzo, thème et variations, et finale) pour traduire toute l'atmosphère euphorique d'un Schubert en vacances entre jeunes filles, fleurs et paysages campagnards verdoyants en dehors de Vienne... Entre révolte et résignation, entre rires et larmes, entre tristesse et gaieté, un Schubert rompu au labeur qui allait pourtant mourir à trente et un ans, mais que l'on retrouve dans une fraîcheur décapante dans une partition baignée de lumière, d'espoir et de vie.
 Une sorte de candide innocence imprègne ces pages où tout coule sereinement, avec un sens jubilatoire et des notes heureuses sous le clair soleil de la tonalité du la
majeur...
Si les coulées sont mélodieuses, elles ne cachent pas moins des pointes de violence. Le piano, sans jamais être dominateur, ramène une mélodie qui s'égrène avec bonheur sous l'archet du violoncelle.
 Chantant dans l'allegro, plus sombre de couleur dans l'andante, rieur, joyeux et optimiste dans le scherzo, parfaitement à la hongroise dans le finale où les instruments font presque la fête, le thème est admirablement conduit dans ces eaux douces où un poisson finit brusquement de bondir sous les branches de tilleul par un soir d'été...
À part une brève bavure du violon, voilà une excellente interprétation d'une œuvre archiconnue. Tout y était, synchronisation, qualité du toucher, netteté du son, mais aussi, tout comme pour Schubert quand il composait cette œuvre empreinte de légèreté et de joie, le bonheur était là aussi... Tout autant pour les artistes que pour le public.
Deux partitions seulement pour les fidèles mélomanes pour ce concert où cinq musiciens sous les feux de la rampe, tous vêtus de noir, ont donné vie et voix aux pages de Dimitri Chostakovitch et Frantz Schubert. Familiers, pour la plupart, au public par leurs nombreuses prestations sur les scènes locales, les artistes étaient donc Ondin Brezeanu au violon, Anna Gyochyan à l'alto, Roman Storojenco au violoncelle, Khachatur Savzyan à la contrebasse et Walid Moussallem au piano.Premières mesures graves placées sous le signe d'une certaine mélancolie avec le Trio en do majeur pour piano, violon et violoncelle de celui qui irrita Staline (au point que ce dernier quitta ouvertement la salle en pleine représentation) avec sa sulfureuse Lady Macbeth de...
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