« Je pense que l'Europe a été assez exemplaire pour engager le débat dans le cadre du G20 sur la régulation financière », mais « la mise en œuvre, en particulier la proposition de la Commission sur les hedge funds, me paraît très en deçà des exigences que nous, les Européens, on devrait avoir », a déclaré hier la ministre française des Finances, Christine Lagarde. Elle s'exprimait devant des journalistes en marge d'une réunion des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles.
Le commissaire européen chargé des Services financiers, Charlie McCreevy, vient de proposer d'obliger les gestionnaires de fonds spéculatifs à demander une autorisation d'exercer en Europe. Les fonds spéculatifs, qui agissent dans une grande opacité, sont dans le collimateur depuis l'éclatement de la crise financière mondiale. « C'est vraiment de la régulation a minima, et il faut qu'on améliore le texte », a souligné Mme Lagarde.
Mme Lagarde critique en particulier le fait qu'un projet de « passeport européen » donné aux fonds, en échange du respect de certaines règles, puisse être élargi aux fonds basés en dehors de l'UE après un délai de trois ans. « Cela me paraît tout à fait inacceptable, a déclaré Mme Lagarde. Il faut que le passeport ne s'applique qu'à des fonds qui sont gérés non pas à partir de l'Europe, mais en Europe. »
Des négociations sur le texte vont à présent avoir lieu entre les États de l'UE sur le texte ainsi qu'au sein du Parlement européen.
Mais le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a défendu mardi ses propositions. « Il faut éviter d'aller trop loin dans un sens qui pourrait réduire la créativité et l'innovation des marchés financiers, et donner en même temps des assurances claires que nous voulons réglementer le secteur des marchés financiers, qui pose problème », a-t-il dit à la presse au Parlement européen à Strasbourg. « Je suis convaincu que le résultat final de la négociation ne sera pas très différent de la proposition de la Commission », a-t-il conclu.


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