Goz Beïda, localité de l'est du Tchad où sont implantés des camps de réfugiés soudanais du Darfour, est situé à une centaine de kilomètres à l'ouest du Soudan et à environ 200 km au sud d'Abéché. La mission de l'ONU au Tchad (Minurcat) a accru ses patrouilles autour de Goz Beïda et restreint les déplacements, par « mesure de sécurité ».
Le Quay d'Orsay à Paris indiquait dans la matinée que des groupes armés « auraient pénétré au Tchad en provenance du Soudan » et « de plusieurs dizaines de kilomètres en territoire tchadien ». Ils sont à l'intérieur du pays, à environ 100 km à l'est de Goz Beïda « à bord de plusieurs centaines de véhicules », a précisé à l'AFP le porte-parole du gouvernement tchadien, Mahamat Hissène, également ministre de la Communication. « Pour le moment, il n'y a pas eu de contact avec les forces gouvernementales », a-t-il ajouté. Ce qu'a confirmé le responsable rebelle : « Nous sommes effectivement entrés depuis hier (lundi) au Tchad » et « il n'y a pas eu de combats ».
Mais le Centre soudanais des médias, proche du renseignement de Khartoum, a affirmé que des combats meurtriers avaient opposé lundi l'armée de N'Djamena aux rebelles tchadiens à la frontière tchado-soudanaise. M. Hissène avait, un peu plus tôt, accusé à la radio le Soudan d'avoir lancé « plusieurs colonnes armées » contre son pays, mais Khartoum a nié toute implication.
« Ce qui se passe actuellement au Tchad concerne l'armée tchadienne et les rebelles tchadiens. Le Soudan n'a aucun lien avec ça », a déclaré à l'AFP le porte-parole officiel des forces armées soudanaises, Osmane al-Aghbash. « Nous sommes toujours liés par l'accord de Doha et tout autre accord visant à la stabilité » entre les deux pays, a souligné le ministère des Affaires étrangères soudanais.
Base arrière des rebelles qui avaient failli renverser le président Idriss Deby Itno en février 2008, le Soudan serait leur principal soutien.
Les activités humanitaires n'ont pas connu « de grande interruption » hier et « le service essentiel continue » dans l'est du Tchad, selon Katy Thiam, chargée de l'information du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) dans la région, jointe par l'AFP.

