« Le plus important après les élections, c'est comment réorganiser la réflexion du parti et ses constantes, comment faire en sorte de défendre de nouveau les agriculteurs, les travailleurs et les pauvres », a commencé par dire Walid Joumblatt. « Lorsque Kamal Joumblatt a critiqué le marxisme dans les années 70, ce n'était pas parce qu'il pensait que ce courant était une erreur : c'est parce que le marxisme avait figé les gens, les avait privés de leurs libertés... La révolution bolchevique est morte justement parce qu'elle n'a pas su, au bout de sept décennies, donner à l'individu les libertés requises », s'est-il désolé, affirmant qu'il était indispensable de mettre en place une « nouvelle révolution socialiste humaniste, à même de faire face au capitalisme mondial », qu'il a accusé d'avoir « déchiqueté » le monde, « au niveau des classes, des communautés et des confessions »...
Regrettant qu'il n'y ait pas eu au Liban, contrairement à ce qui s'est passé aux quatre coins de la planète, des manifestations contre le régime capitaliste après le tout dernier krach, Walid Joumblatt a tranché : « Nous nous devons de gagner les élections, mais, en tant que socialistes progressistes, nous nous devons de retourner à nos constantes de base, que l'on retourne à Kamal Joumblatt : nous avons oublié que pendant la guerre, un pauvre a combattu un pauvre ; qu'un pauvre tuait un autre pauvre dans n'importe quelle région libanaise, tout cela parce que le système confessionnel obligeait ces pauvres à s'entretuer.»
Le leader druze a enfin appelé les travailleurs du Liban à s'unifier. « Soyons modestes », a-t-il préconisé ; « regardez ce qui s'est passé hier avec Ahmad el-Assaad, avec lequel pourtant nous n'avons aucun lien politique ; voyez comment ce Sud, qui a pourtant donné naissance au mouvement syndical, à la révolte des travailleurs du tabac, qui a donné naissance à des partis, le Parti communiste, le PSNS, le PSP, voyez comment ce Sud s'est fermé au pluralisme », s'est désolé Walid Joumblatt.


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