Le chef de la diplomatie israélienne, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, entame aujourd'hui en Europe sa première tournée à l'étranger. M. Lieberman, qui a pris ses fonctions le mois dernier, a quitté Israël pour Rome hier soir, avant des visites à Paris, Prague et Berlin de mardi à jeudi. Dans la capitale italienne, il doit avoir des entretiens avec son homologue Franco Frattini et le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. À Paris, il rencontrera demain son homologue Bernard Kouchner et sera reçu à la présidence de la République, mais il n'est pas sûr qu'il y rencontrera le chef de l'État Nicolas Sarkozy, selon des responsables français. « Le ministre va demander à ses interlocuteurs européens d'accorder du temps à Israël jusqu'à ce que le gouvernement dévoile les grandes lignes de son plan diplomatique », a affirmé à l'AFP un haut responsable du ministère israélien des Affaires étrangères. Selon lui, ce programme devrait être présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de sa rencontre avec le président américain Barack Obama prévue à la mi-mai à Washington. En attendant, ce responsable qui a requis l'anonymat a admis que des « bruits de fond négatifs en Europe » se faisaient entendre, une allusion aux critiques suscitées par les déclarations de M. Lieberman, le chef d'Israël Beiteinou, un parti ultra-nationaliste. Le chef de la diplomatie a affirmé qu'Israël n'était pas lié par les négociations relancées fin 2007 à la conférence d'Annapolis, aux États-Unis, et censées aboutir à la création d'un État palestinien. « Le plan du gouvernement est basé sur deux principes : la priorité à la sécurité et l'amélioration de la situation économique des Palestiniens », a ajouté ce responsable. Cette approche a été critiquée par les États-Unis et la plupart des pays européens attachés à l'idée de « deux États pour deux peuples ». La mauvaise humeur des Européens s'est traduite par le refus de relancer les discussions sur un rehaussement des relations entre l'État hébreu et l'Union européenne.
« Le véritable test aura lieu le mois prochain lorsqu'Avigdor Lieberman présentera la politique du gouvernement lors du sommet bi-annuel de l'Association Israël-UE en présence de ses 27 collègues », affirme-t-on aux Affaires étrangères. Mais avant ce « grand oral », Israël a averti l'Union européenne que son implication dans le processus de paix au Proche-Orient - qu'Israël a toujours voulu minimale - risquait d'être remise en cause si elle persistait dans ses critiques.
La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, a provoqué la colère des dirigeants israéliens en affirmant le 23 avril que le moment n'était pas « venu pour aller au-delà du niveau actuel des relations » UE-Israël, vu l'incertitude sur l'évolution du processus de paix et le refus du nouveau gouvernement israélien de s'engager en faveur d'une solution à deux États.