L'uléma Mohammad Hussein Fadlallah a ainsi appelé à une révision du comportement de l'État, notamment au niveau judiciaire, en se basant sur la relaxation des quatre généraux, mercredi. « Le problème de l'État au cours des dernières années résidait dans l'absence du principe de la punition et de la récompense, ce qui a favorisé la corruption dans les divers départements, politiques, sociaux et mêmes judiciaires. On a même voulu que les organes de contrôle tiennent secrets leurs dossiers et informations pour qu'ils soient détruits au moment politique opportun », a déploré cheikh Fadlallah. « Maintenant que la détention forcée des quatre généraux a pris fin et qu'ils ne sont plus soumis aux pressions politiques et psychologiques qui se sont répercutées sur la situation politique générale dans le pays, le besoin est urgent de réviser le comportement général de l'État, notamment dans le domaine judiciaire, qui doit être le régulateur de l'action de cet État et qui doit veiller sur celle d'une justice qui refuse qu'un innocent prenne la place du criminel. »
Estimant que la vérité « a éclaté au grand jour », cheikh Fadlallah a mis l'accent sur la nécessité d'une réunification des Libanais. Il a aussi mis en garde contre les « réactions impulsives irréfléchies et les tensions nées d'un événement politique inattendu pour beaucoup », en allusion à la libération des quatre généraux. Après avoir félicité ces derniers pour « ce dénouement heureux », le dignitaire chiite les a invités à « planifier leur avenir de façon à continuer à servir le Liban et à s'élever au-dessus des susceptibilités ».
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a jugé que la justice libanaise doit à son tour appliquer les dispositions des lois et il a mis l'accent sur la nécessité de poursuivre l'enquête dans l'affaire Hariri pour démasquer les coupables. Il a estimé que les quatre généraux « pardonneront ».
Composé de MM. Karim Pakradouni, Hagop Pakradounian, Émile Rahmé et des représentants des Marada, Ziyad Makari, du CPL, Naji Hayek, du Bloc populaire, Mikhaël Bou Taan, et Ziyad Asouad, le « Rassemblement national chrétien » (8 Mars) a estimé dans un communiqué que « la relaxation des quatre généraux prouve que la justice reste plus forte que l'injustice et constitue la correction d'une erreur commise en septembre 2005 ».
Le député Oussama Saad a présenté ses vœux aux quatre généraux, déplorant le fait que « des parties politiques libanaises se soient permis d'exercer des pressions sur la justice libanaise pour l'obliger à les maintenir en détention ». Il a assuré que leur relaxation « aura des répercussions politiques, parce qu'une situation politique déterminée a été établie à cause des événements de la période passée ».
Son collègue Ali Osseirane s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles les quatre généraux n'avaient pas été relâchés plus tôt « puiqu'il n'y avait aucune preuve contre eux », alors qu'à l'instar de M. Oussama Saad, le candidat hezbollahi à Marjeyoun-Hasbaya a estimé que leur remise en liberté « doit encourager l'évaluation d'une ère politique dans laquelle on a voulu exploiter l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, pour porter un coup à la Résistance et aux relations libano-syriennes ». Selon lui, ce qui s'est passé montre que « les clauses de l'accord de Taëf relatives à la consolidation de la justice n'ont pas été appliquées ».
Pour le député Ismaïl Succarieh, « un coup moral sévère a été porté au courant qui était responsable de l'incarcération des quatre officiers, à cause de la stupidité de leurs positions et de leurs déclarations, de leurs paris erronés aux plans politique et populaire ». Il a aussi plaidé pour une réforme de la justice, tout comme le secrétaire général du PCL, Khaled Haddadé.
L'ancien député Jihad Samad a déploré « une décision judiciaire injuste qui a jeté les généraux pendant quatre ans en prison » et a affirmé regretter que « la justice soit toujours soumise à l'autorité politique ».

