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Moyen Orient et Monde - Violence

Journée de terreur en Irak : deux attentats, près de 80 morts

Les forces irakiennes affirment avoir arrêté le mystérieux chef d'el-Qaëda dans le pays, Abou Omar al-Bagdadi. Le Pentagone refuse de commenter.
« Sur la foi d'informations que nous avons reçues, les forces irakiennes ont arrêté jeudi après-midi le criminel terroriste Abou Omar al-Bagdadi dans sa voiture à un carrefour de Russafa », sur la rive est de Bagdad, a dit à l'AFP le porte-parole militaire de Bagdad, le général Qassem Atta. Ce personnage très mystérieux, qui n'a jamais été vu et dont il n'existe aucune photo, est présenté par el-Qaëda comme le « commandeur des croyants » du califat autoproclamé par le réseau en octobre 2006, « l'État islamique d'Irak ». Mais pour l'armée américaine, il n'est qu'un leader « fictif » à la tête d'une simple « organisation virtuelle » n'ayant d'existence que sur Internet et créée à des fins de propagande pour masquer la prééminence des jihadistes étrangers de la branche irakienne d'el-Qaëda. Le Pentagone s'est par ailleurs refusé dans l'immédiat à confirmer cette arrestation.
Le 30 décembre 2007, Oussama Ben Laden, le chef du réseau, avait demandé à « tous les musulmans d'Irak de se rallier à Abou Omar al-Bagdadi ». Le premier chef d'el-Qaëda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, avait été tué en juin 2006 par les Américains. Il fut ensuite remplacé plusieurs mois par Abou Ayoub al-Masri avant que l'« État islamique d'Irak » n'annonce qu'al-Bagdadi était devenu son chef. Les autorités irakiennes ont annoncé à deux reprises sa mort ou son arrestation dans le passé, avant de se dédire. Le général Atta a cependant déclaré hier que Bagdadi serait montré à la télévision après son interrogatoire. « Il sera interrogé et ensuite nous le montrerons à la télévision », a-t-il dit, sans préciser cependant lorsque cela aurait lieu.
Parallèlement, deux attentats-suicide ont fait au moins 73 morts et 107 blessés à Bagdad et près de Baaqouba, au nord-est de la capitale, faisant d'hier la journée la plus noire depuis le 1er février 2008, où deux kamikazes avaient fait 98 morts. Un kamikaze s'est fait exploser dans un restaurant de Mouqdadiyah, à une centaine de km au nord de Bagdad. Le toit du bâtiment s'est effondré, tuant au moins 48 personnes, dont 45 sont des pèlerins iraniens, et blessant 55 autres, selon des responsables de la sécurité. Dans l'est de Bagdad, une kamikaze vêtue de la traditionnelle abaya noire s'est mêlée à des femmes et des enfants qui étaient rassemblés pour une distribution de nourriture de la police. L'attentat a fait 28 morts et 52 blessés, selon des responsables au ministère de l'Intérieur et de la Défense. « Les familles et les enfants étaient si contents de recevoir de la nourriture qu'ils étaient tous descendus de l'immeuble où nous vivons quand cette femme s'est fait exploser », a dit à l'AFP Omar Ali, un chômeur de 40 ans.
Les victimes sont des policiers et des déplacés fuyant des exactions interconfessionnelles. Un employé de l'hôpital Ibn Nafis a indiqué à l'AFP que l'établissement avait reçu les corps de dix policiers, cinq enfants et une femme, ainsi que 25 blessés.
L'Irak connaît ces dernières semaines un regain de violences meurtrières après plusieurs mois de baisse des attentats. La semaine dernière, au moins 10 policiers ont été tués et 22 blessés par une voiture piégée à Kirkouk (Nord), une province riche en pétrole disputée entre Kurdes, Turcomans et Arabes. Le 10 avril, cinq soldats américains avaient été tués dans un attentat suicide au camion piégé à Mossoul (Nord), le dernier bastion urbain d'el-Qaëda en Irak. Cet attentat avait été revendiqué par la branche irakienne d'el-Qaëda. Cette recrudescence des violences survient alors que les 140 000 soldats américains commencent à se retirer progressivement d'Irak, plus de six ans après l'invasion de mars 2003.

« Sur la foi d'informations que nous avons reçues, les forces irakiennes ont arrêté jeudi après-midi le criminel terroriste Abou Omar al-Bagdadi dans sa voiture à un carrefour de Russafa », sur la rive est de Bagdad, a dit à l'AFP le porte-parole militaire de Bagdad, le général Qassem Atta. Ce personnage très mystérieux, qui n'a jamais été vu et dont il n'existe aucune photo, est présenté par el-Qaëda comme le « commandeur des croyants » du califat autoproclamé par le réseau en octobre 2006, « l'État islamique d'Irak ». Mais pour l'armée américaine, il n'est qu'un leader « fictif » à la tête d'une simple...
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