Le débat a ensuite porté sur la loi relative au jugement des ministres et du Premier ministre. La discussion était vive entre Boutros Harb, Nicolas Fattouche et le chef de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, le député Robert Ghanem. Le débat a opposé les divers points de vue concernant les modifications proposées par la commission concernant le nombre de voix requises pour que des poursuites soient engagées contre un ministre ou contre le président du Conseil. Les points de vue ont divergé sur deux points essentiellement : si le nombre de voix doit être le même ou différent dans chaque cas (en d'autres termes la majorité simple pour les ministres et les deux tiers pour le Premier ministre), et si les ministres doivent être jugés par des tribunaux civils ou devant le Haut Conseil pour le jugement des présidents, du chef du gouvernement et des ministres.
Les députés Ismaïl Succariyyé, Ghassan Moukheiber et Bahige Tabbarah ont également pris part à la discussion. Un échange acerbe a par ailleurs eu lieu entre la députée Nayla Moawad et le président de la Chambre Nabih Berry sur fond du même problème.
Alors que le débat sur cette loi était engagé, le nombre de députés dans la salle baissait. Vers 11h50, M. Berry a déclaré qu'« il est clair que le quorum n'est plus assuré ». Il a annoncé que « la séance est reportée au jeudi 7 mai, à 10h30 ».
Une réunion entre M. Berry et le Premier ministre s'est tenue juste après la séance. Le Premier ministre a qualifié l'atmosphère de « positive ». Il a même affirmé « avoir parlé du beau temps » et trouvé que « tout est beau ». En réponse à une question, il a assuré que « les différences de l'échelle des salaires seront payées avant la date de l'échéance électorale, puisqu'elles ne requièrent pas une loi ».
Aussitôt la séance levée, des députés de l'opposition, notamment Chamel Mouzaya, ont accusé la majorité d'être responsable du défaut de quorum. M. Mouzaya, du Bloc du changement et de la réforme, a estimé que « cet acte vise à torpiller tout de ce qui importe le quotidien des citoyens ». En réponse à Chamel Mouzaya, le député Antoine Zahra, bloc des Forces libanaises, a réfuté les accusations du député aouniste et rappelé que même le président Berry, après la formation du gouvernement, avait reconnu que la période d'après le Nouvel An 2009 serait consacrée aux élections législatives. Le même argument a été présenté par le député Serge Ter Sarkissian, qui a rappelé que « les députés sont occupés par la formation des listes électorales ».

