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Lifestyle - Insolite

Deux araignées géantes débarquent au port de Yokohama

La France a surpris les Japonais pour l'anniversaire de l'ouverture de la cité au commerce international.
Suspendu à une grue, l'arachnide déploie ses immenses pattes, effleure la surface de l'eau et fait sa toilette. Un concert de cordes et claviers rythme son bain, jusqu'à ce qu'une tempête de neige l'endorme... jusqu'à son prochain réveil. Ce spectacle original de La Machine, une troupe basée à Nantes et Tournefeuille (Haute-Garonne), inaugure les célébrations du 150e anniversaire de l'ouverture au commerce international du port de Yokohama (sud de Tokyo), après plus de deux siècles de fermeture du Japon à l'étranger. La compagnie a transporté dans l'archipel deux immenses automates-araignées construites par ses soins en France et les a lancées à l'assaut de la ville, à la grande surprise de nombreux résidents. La Machine avait déjà intrigué l'an passé les habitants de Liverpool (Royaume-Uni), en suspendant une bestiole géante à une bâtisse de la ville. « L'idée est de provoquer des émotions à vie chez les spectateurs : l'araignée est un animal repoussant, mais aussi une mère qui tisse des liens », explique François Delarozière, directeur artistique. Son défi : « Que les habitants de Yokohama n'aient plus envie qu'elle reparte ! »
Bois pour la peau, acier pour l'ossature, huile hydraulique en guise de sang, la bête est entièrement conçue en « matériau vivant », pour restituer au mieux les détails de son anatomie et la complexité de ses mouvements. Pas moins de 18 manipulateurs s'activent dans, sur et autour de l'araignée pour déplacer les pattes et le corps, comme une marionnette mécanique, dont les plans rappellent certaines créations de Léonard de Vinci. Déployé dans toute son envergure, le mastodonte mesure 12 mètres de haut et 20 mètres de diamètre, pour 38 tonnes, bien pesé. « Cela modifie notre perception du monde : face aux créatures monumentales, on se retrouve comme des enfants », souligne M. Delarozière.
Pour le créateur, l'araignée se veut le symbole de l'étranger, comme l'amiral américain Perry venu il y a un siècle et demi forcer l'ouverture du Japon au commerce. Le visiteur suscite au début la méfiance, mais son arrivée est aussi synonyme d'échanges et de nouveauté.
Passée la surprise initiale, le public s'habitue à la présence et aux mouvements de l'arachnide. « Au départ, ça m'a fait peur, mais c'est excitant car il ressemble vraiment à une araignée quand il bouge ! », raconte Takuya Yamane, 33 ans, venu de la banlieue de Tokyo pour observer le spécimen. Il se réjouit qu'un tel spectacle ait pu être mis en place au Japon, où le théâtre de rue n'est pas courant.
« On voulait accueillir quelque chose de complètement nouveau », justifie Ryoichi Kawaguchi, directeur exécutif du projet « 150e anniversaire, Yokohama ville créative », qui a invité La Machine.
Imaginer un, puis deux immenses arachnides se promener au milieu de dizaines de milliers de personnes lui a donné des migraines, mais ce spectacle, « une première mondiale, » en valait la chandelle, selon lui.
Sa balade terminée, la première araignée sera vite rembarquée pour la France, mais sa « petite sœur » va rester plus de 150 jours sur les docks... avec une sortie quotidienne au programme.
Suspendu à une grue, l'arachnide déploie ses immenses pattes, effleure la surface de l'eau et fait sa toilette. Un concert de cordes et claviers rythme son bain, jusqu'à ce qu'une tempête de neige l'endorme... jusqu'à son prochain réveil. Ce spectacle original de La Machine, une troupe basée à Nantes et Tournefeuille (Haute-Garonne), inaugure les célébrations du 150e anniversaire de l'ouverture au commerce international du port de Yokohama (sud de Tokyo), après plus de deux siècles de fermeture du Japon à l'étranger. La compagnie a transporté dans l'archipel deux immenses automates-araignées construites par ses soins en France et les a lancées à l'assaut de la ville, à la grande surprise de nombreux...
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