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Culture - Exposition

La fragile transparence de l’être

Des silhouettes humaines se profilant sur des surfaces de plexiglas transparentes. « Traces of Values » (Traces de valeurs) de Taline Kechichian est un travail tout en légèreté et en luminosité. À la galerie Aïda Cherfan Fine Art* jusqu'au 8 mai.
Une maman enlaçant sa petite fille ; un couple qui fait un bout de chemin ensemble ; des enfants qui jouent à Manara, des danseurs qui se tiennent par la main en esquissant la dabké. Autant de gestes quotidiens et familiers sur lesquels on ne s'attarde plus. À les scruter de près, ces ombres, qui s'entrelacent et fusionnent, se réfléchissent autrement sur le support translucide, composant une chaîne humaine solide.
Si au regard de certains, les valeurs positives et simples comme l'amour, la maternité, l'espoir, le pardon et le sens de la famille tendent à disparaître, elles demeurent cependant importantes pour Aline Kechichian qui, à travers ces silhouettes et ces figures humaines, ainsi que des lieux de rencontre comme l'aéroport, a su les sortir de l'ombre et les mettre en lumière.
« Tout le monde connaît le prix de tout, mais jamais leur valeur », dit l'artiste en citant Oscar Wilde. C'est à partir de cette idée, qu'elle s'est faite sienne, que Kechichian a élaboré son travail tout en subtilité et en tendresse.

Marquer les traces
Ayant poursuivi ses études dans de grandes universités et écoles d'art en Autriche auprès d'éminents professeurs, l'artiste apprendra, outre les règles académiques (si importantes), à se libérer et à choisir sa propre voie. « En Autriche, je voulais apprendre comment peindre l'être humain et sa manière de vivre. L'apparence importait peu, il fallait que je représente son expression intérieure », dit Taline Kechichian.
Comment allait-elle s'y prendre ? En optant pour un support translucide mais léger comme le plexiglas, en travaillant sur le cobalt et le bleu (ultra-marine d'Yves Klein), l'artiste est parvenue à jouer avec les ombres et à aller au-delà de l'image.
Il y a donc ces dits et non-dits dans la représentation de l'être que l'artiste essaye de concrétiser par ce jeu d'ombres qui prolongent les mouvements gracieux et non agressifs tout en les développant. L'ombre serait-elle donc la réalité et l'image réelle n'est-elle que simulacre ?

Tout en épure
et en minimalisme

De la transparence mais également de la légèreté dans cette manière si épurée de traiter un sujet ayant rapport à l'humanité. Pour l'artiste qui a vécu la guerre, son seul souci était de s'éloigner de la noirceur et de se rapprocher de la lumière tout en rappelant que les valeurs humaines sont encore présentes en nous. Il suffit de s'attarder un peu. « Qu'est-ce que je veux dire aux autres ? Qu'est-ce que je veux montrer ? s'interroge-t-elle. Je suis une artiste et mon travail est de bosser toute la journée pour trouver des idées. »
Au moyen de l'acrylique et du vinyle et en travaillant à l'envers comme dans la gravure afin que le support de face soit lisse et sans aspérités, Taline Kechichian raconte des histoires et met en scène les êtres.
« Une course pour la vie » que l'artiste traduit du terme allemand « Liben laufe » et par ces deux lettres « CV » qui résument le parcours de l'homme, mais également la vision de toute l'humanité.
 
* Galerie Aïda Cherfan Fine Art, place de l'Étoile, ouverture du lundi au samedi, de 10h30 à 19h30. Tél.: 01/983111.
Une maman enlaçant sa petite fille ; un couple qui fait un bout de chemin ensemble ; des enfants qui jouent à Manara, des danseurs qui se tiennent par la main en esquissant la dabké. Autant de gestes quotidiens et familiers sur lesquels on ne s'attarde plus. À les scruter de près, ces ombres, qui s'entrelacent et fusionnent, se réfléchissent autrement sur le support translucide, composant une chaîne humaine solide. Si au regard de certains, les valeurs positives et simples comme l'amour, la maternité, l'espoir, le pardon et le sens de la famille tendent à disparaître, elles demeurent cependant importantes pour Aline Kechichian qui, à travers ces silhouettes et ces figures humaines, ainsi que des lieux de rencontre comme l'aéroport, a su les...
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