La baisse de cet indice est légèrement supérieure aux attentes des analystes, qui tablaient sur un recul de 0,2 %, et à son repli du mois précédent, qui n'a finalement été que de 0,2 % (chiffre corrigé en baisse de 0,2 point). L'indice n'a pas progressé une seule fois au cours des neuf derniers mois, note le Conference Board, estimant qu'il a finalement baissé de 0,2 % en janvier, alors qu'il calculait jusque-là une hausse de 0,1 %. « La récession pourrait continuer tout au long de l'été, mais son intensité va baisser », écrit cet institut de conjoncture privé. « Il y a quelques signes épars d'amélioration de l'économie en avril, mais l'indice composite et la plupart de ses composantes sont toujours orientés à la baisse », ajoute-t-il.
Parmi ces composantes, seules celles mesurant la masse monétaire, l'écart de taux entre les obligations du Trésor américain à 10 ans et le taux interbancaire au jour le jour, et la confiance des consommateurs ont eu un effet positif, alors que la Bourse et le nombre de permis de construire délivrés ont été les deux causes principales de sa baisse.
L'indice composite du Conference Board « prouve le bien-fondé de l'opinion selon laquelle la récession ne se renforce plus », estime Michael Bratus, économiste de Moody's Economy.com. M. Bratus prévient néanmoins que le temps « peut être long » entre le moment où cet indice atteint son plus bas et le retour de la croissance.
L'appréciation du Conference Board concorde avec les conclusions des 54 économistes participant à l'enquête mensuelle de conjoncture publiée par le Wall Street Journal. Selon la dernière livraison de cette étude, ceux-ci estiment que la récession entamée aux États-Unis en décembre 2007 prendra fin en septembre.
Dennis Lockhart, un des dirigeants de la Réserve fédérale, a émis un avis assez semblable la semaine dernière en déclarant s'attendre à une reprise « lente et timide » de l'économie américaine « dès le troisième trimestre ».
Bank of America
Par ailleurs, après les résultats rassurants de plusieurs grandes banques américaines la semaine dernière, Bank of America est venue confirmer hier la tendance au retour dans le vert des établissements secourus par l'État fédéral, avec un bénéfice quasiment triplé au premier trimestre. Bank of America, renflouée à hauteur de 45 milliards de dollars par l'État depuis l'automne, a publié un bénéfice net de 4,2 milliards de dollars. C'est à ce jour le bénéfice le plus élevé publié parmi les principales banques du pays sur les trois premiers mois de l'année : JPMorgan a dégagé 2,1 milliards, Goldman Sachs 1,8 milliard, Citigroup 1,6 milliard et Wells Fargo a fait état d'un bénéfice provisoire de 3 milliards, qui devrait être confirmé mercredi.
Malgré de premiers signes de stabilisation, « les États-Unis ne sont pas tirés d'affaires », avait estimé pour sa part dimanche le président Barack Obama, ajoutant dans un entretien au magazine Fortune que les risques de voir la crise se prolonger restaient « réels et importants », disant aussi que « les États-Unis n'étaient pas tirés d'affaire ». Son principal conseiller économique, Larry Summers, a fait passer le même message. Le renforcement du système financier, dont les défaillances sont à l'origine de la plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale, et la mise en place de réglementations plus musclées restent prioritaires, a-t-il expliqué. C'est la raison pour laquelle le président Obama teste l'état de santé du système financier pour s'assurer que les grandes banques américaines sont capables de faire face à une situation difficile, a-t-il souligné. Les 19 principaux établissements financiers du pays (contrôlant plus de 100 milliards de dollars d'actifs) sont soumis à un « test de résistance » pour évaluer leur solidité et leurs besoins éventuels en capitaux supplémentaires.


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