Les étiquettes valsent, le flacon reste le même. Aujourd'hui, il y a lutte importée entre plusieurs axes. L'actualité brûlante met en vedette l'empoignade entre les Arabes satinés, Saoudiens et Égyptiens en tête, et le faisceau d'acier irano-syrien, soutenu avec éclat par le Hezbollah. Ce conflit suscite, pour tenter d'en déchiffrer les suites, quelques questions :
Quelle position la nouvelle administration US va-t-elle adopter au juste ? Va-t-elle attendre de voir comment va s'engager son dialogue avec l'Iran, prioritaire à ses yeux ?
Comment Israël et les Arabes modérés réagiraient-ils à un éventuel accord irano-américain qui les léserait ? Et quelle en serait la traduction concrète sur la scène libanaise ? Pourrait-il y avoir encore entente sur un cabinet d'union ?
Y a-t-il moyen d'éviter des secousses internes que provoquerait un échec de l'approche Obama en direction de Téhéran et de Damas ? De même, qu'adviendrait-il localement en cas d'exacerbation de la crise entre l'Égypte et l'Iran ?
Commentant le dossier, l'ancien ministre Charles Rizk relève en substance que « la nouvelle administration américaine reconnaît le rôle central de l'Iran dans la région et admet que cet État développe, actuellement, le plus fort impact au Moyen-Orient. Faisant ainsi montre de lucidité. L'administration Bush avait commis une lourde erreur en décrétant la guerre d'Irak. Aussi, le plus grand souci du président Obama est-il de mettre un terme à cette guerre et de sortir d'Irak au moindre coût possible. Ce qui n'est réalisable qu'à condition que Washington modifie son attitude par rapport à l'Iran » .
Conséquemment et subséquemment, l'ancien ministre pense que les Américains veulent désormais traiter le cas de l'Afghanistan en partenariat positif avec les pays environnants, l'Iran en tête. Notant que par rapport à l'Afghanistan même, les positions des deux puissances ne sont pas contradictoires.
Selon Charles Rizk, le Liban devrait tirer grand profit de la modification de l'optique US en ce qui concerne l'Iran. Quant au Hezbollah, l'ancien ministre le voit, et le définit, comme un parti bien libanais, profondément enraciné dans le terroir, voué à exprimer les souffrances de la population, notamment au Sud. Il souhaite dès lors que Washington prenne en compte cette réalité. Pour renforcer ses pressions sur Israël afin qu'il allège les épreuves qu'il fait subir aux Libanais, en s'orientant vers la paix, en base de l'initiative arabe de 2005.
Cependant, Roger Cohen estime, dans le New York Times que la normalisation avec l'Iran impliquerait qu'il aurait à admettre l'existence de deux États, donc d'Israël, en Palestine. Qu'il lui faudrait cesser son soutien militaire au Hamas et au Hezbollah. En sus de sa contribution à la stabilisation de l'Irak comme de l'Afghanistan, et de sa coopération sur le nucléaire. Moyennant quoi, les États-Unis garantiraient sa sécurité (par rapport à Israël sans doute), consacreraient l'importance de son rôle régional, soutiendraient son adhésion à l'OCDE et lèveraient le séquestre sur ses biens chez eux.

