« Il ne faut pas tenter d'imposer des restrictions aux fournisseurs de crédit tellement lourdes qu'elles empêchent le développement de nouveaux produits et services à l'avenir », a-t-il ajouté.
Il a cependant indiqué que l'invention mal contrôlée de produits financiers toujours plus complexes était l'une des raisons de la crise actuelle.
« Il semble clair que la difficulté à gérer l'innovation lors de la période menant à la crise a été sous-estimée, et pas seulement dans le cas du prêt aux consommateurs », a poursuivi M. Bernanke.
Selon lui, « par exemple, la complexité et le manque de transparence ont été un problème pour certains produits innovants destinés aux investisseurs, tels que certains produits de crédits structurés ».
M. Bernanke a invité à « se méfier de la complexité dont le principal effet est de rendre le produit et le service plus difficiles à comprendre pour le public visé ».
« D'un point de vue de la protection du consommateur, une inquiétude spécifique a été la forte hausse de la complexité des produits financiers offerts aux particuliers, complexité qui a été un effet secondaire de l'innovation mais qui s'est aussi accompagnée d'une transparence et d'une clarté réduites », a expliqué le banquier central.
M. Bernanke a rappelé tous les changements législatifs récents pour remédier au problème, qui obligent les banques à exposer plus clairement les conditions de leurs offres de cartes de crédit et de prêts et leur a interdit certaines.
Mais il a également considéré qu'« il serait malavisé d'essayer d'arrêter l'innovation financière », revenant sur les progrès considérables faits depuis une quarantaine d'années.
« Tous ces développements ont eu leurs aspects positifs, y compris pour les publics défavorisés », a-t-il souligné.
Il est revenu sur le développement de la carte de crédit, accusée d'avoir favorisé le surendettement, selon lui « un exemple d'innovation financière tirée par les avancées technologiques, dont les améliorations dans les communications, la gestion des données et les historiques de crédit ».
Mais l'offre pléthorique de cartes a « induit une complexité croissante et un éventail de choix que les consommateurs trouvent souvent difficiles à évaluer correctement », et « quand la complexité atteint un point où elle nuit à la transparence, cela déforme la concurrence et amène les consommateurs à faire de mauvais choix ».
Cependant, « du point de vue du consommateur, les cartes de crédit ont apporté leur côté pratique, facilité la tenue des comptes et offert de la sécurité par rapport à la perte », d'après M. Bernanke.


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