Au premier trimestre, Volkswagen a ainsi vendu 1,39 million de véhicules, y compris, sur deux mois, les camions et autobus de cette marque, mais sans compter les camions de marque Scania. La part de marché ressort à 11 %, contre 9,7 % un an auparavant, annonce le groupe dans un communiqué.
Sur les trois premiers mois de 2009, le constructeur japonais n'a pas chiffré ses ventes, mais selon ses dernières estimations, ses livraisons sont ressorties à 1,23 million, soit une baisse de 47 %.
Le constructeur allemand, qui dispose de neuf marques de voitures particulières et poids lourds (dont, outre la marque éponyme, Audi, Skoda, Seat), s'était, avant la crise, fixé comme objectif de passer devant Toyota et General Motors d'ici à 2018, une ambition qui, à l'époque, avait été accueillie avec scepticisme.
Mais la récession et la crise du crédit ont fait chuter la demande sur les deux principaux marchés de Toyota, qui a subi sur la période janvier-mars une baisse de 38 % de ses ventes aux États-Unis et de 24 % au Japon.
Les marchés américain et japonais en berne
Sur le marché allemand, les immatriculations de véhicules neufs du groupe Volkswagen ont progressé de 19 % au premier trimestre, à 282 000 unités. Celles des voitures Toyota ont augmenté de 43 %, mais sa part de marché n'est que de 4,4 % contre un tiers environ pour Volkswagen.
« Volkswagen a la chance d'être solide sur les marchés en croissance, tandis que Toyota est exposé sur ceux qui s'effondrent », a remarqué Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Centre de recherche automobile de Gelsenkirchen, selon qui les résultats des deux groupes au premier trimestre seront « proches ».
Toyota, qui avait vendu largement plus de voitures que ses concurrents en 2008, a vu ses ventes diminuer chaque mois de cette année en Chine, son troisième marché en volume. Celles du groupe Volkswagen y ont progressé de 6 % sur les trois premiers mois de l'année.
Au premier trimestre de 2008, Volkswagen avait livré 1,57 million de véhicules, soit un tiers de moins que les 2,41 millions de Toyota, un total qui comprend également les minivéhicules et les camions fabriqués par ses filiales Daihatsu et Hino.
Les ventes de Toyota aux États-Unis ont reculé de 36 % au premier trimestre, et de 31 % au Japon pour la marque elle-même. Ces deux marchés représentent un peu moins de la moitié des ventes mondiales du groupe.
Volkswagen a cependant confirmé un recul anticipé de 10 % de ses ventes mondiales sur l'ensemble de l'année, chiffre déjà annoncé en janvier.
« Volkswagen est un concurrent très sérieux pour Toyota. Audi affiche de bonnes performances, tout comme Volkswagen, et les marques tirent profit de leurs plus petits modèles », souligne Koji Endo, analyste chez Crédit suisse.
Les constructeurs automobiles doivent annoncer leurs ventes mondiales du premier trimestre la semaine prochaine. Volkswagen atteint désormais la deuxième place mondiale du secteur en termes de valeur boursière, à 100 milliards de dollars, encore loin des 133 milliards de Toyota.
L'institut d'analyse boursière R.L. Polk Germany prédisait ce mois-ci que Volkswagen pourrait rapidement prendre à General Motors la place de deuxième plus grand constructeur mondial, alors que l'américain est en plein déclin, au bord du dépôt de bilan.

