« Les pays occidentaux se bousculent pour nous parler et le feront davantage dans l'avenir », a affirmé le secrétaire général adjoint du parti de Dieu, cheikh Naïm Kassem.
Il a insisté sur le fait que son parti ne craignait pas d'être boycotté par la communauté internationale ou des institutions financières comme le Fonds monétaire international (FMI), en cas de victoire aux législatives, comme ce fut le cas avec le Hamas palestinien en 2006, ni même par Washington.
« L'un des ambassadeurs européens nous a informés que les Américains traiteraient avec n'importe quel gouvernement, même s'ils souhaitaient la victoire » de la majorité, a-t-il ajouté.
Cheikh Kassem a toutefois souligné que l'image du parti en Occident s'est beaucoup améliorée.
« Ils ont découvert que nous acceptons le dialogue, que nous avons l'esprit ouvert », a affirmé ce responsable, âgé de 56 ans.
Il a également salué le récent changement au sein de l'administration américaine.
« Les choses vont mieux maintenant que Bush est parti et qu'Obama tente de s'ouvrir au monde et de corriger les erreurs passées », a-t-il indiqué.
Concernant la décision britannique d'autoriser des contacts à un niveau subalterne avec le parti chiite, cheikh Kassem a affirmé qu'« aucun rendez-vous n'a encore été fixé », mais que l'ambassadrice de Grande-Bretagne à Beyrouth Frances Guy avait envoyé une requête en ce sens au Hezbollah.
« Nous discutons encore de la nature de cette rencontre et de l'identité des personnes qui vont y participer, mais en principe il n'y a plus aucun obstacle », a-t-il poursuivi.
Une vengeance
Par ailleurs, Il a réfuté les dernières accusations de l'Égypte contre le Hezbollah, estimant qu'elles étaient « fabriquées de toutes pièces » et constituaient un acte de « vengeance » à l'égard du mouvement libanais.
« Le régime égyptien veut se venger et ternir l'image du Hezbollah (...) en raison de sa position durant l'agression contre Gaza et sa revendication portant sur l'ouverture du terminal de Rafah », a estimé cheikh Kassem.
En janvier, en pleine offensive israélienne dans la bande de Gaza contre le Hamas, Nasrallah avait appelé les Égyptiens à manifester « par millions » pour obtenir l'ouverture du terminal de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Égypte, provoquant la colère du Caire.
Refusant de parler de l'arsenal du Hezbollah, cheikh Kassem a indiqué que le parti ne révélait jamais la source de ses fonds ou le nombre de ses combattants.

