À deux reprises au Vélodrome, Grégory Wimbée, le portier grenoblois, a senti le vent du boulet nigérian. D'abord sur un penalty, tiré sans trembler, puis sur un coup franc d'une puissance exceptionnelle, logé dans la lucarne gauche depuis les trente mètres.
« C'est mon premier doublé, je suis content pour le club. J'ai sauté dans les bras du coach car on travaille bien avec lui. J'étais content pour lui », a confié Taiwo après le match.
« Je travaille les coups francs à l'entraînement. Quand Hatem Ben Arfa a pris le ballon, Lorik Cana est venu et lui a dit : "Laisse, c'est pour Taye". Ce n'était pas facile de frapper à 30 mètres mais c'est dur aussi pour le gardien dans ces cas-là... J'ai pensé qu'il ne pouvait pas arrêter le ballon », a-t-il ajouté dans un sourire.
Un geste apprécié par son coéquipier néerlandais Boudewijn Zenden, spécialiste des coups de pied arrêtés, écarté dimanche pour blessure : « Le but de Taye est comme un tir de rocket. »
À presque 24 ans, bientôt papa, le solide latéral gauche arrivé à Marseille durant l'hiver 2005 contre 200 000 euros en provenance du Lobi Star, club de la ville de Makurdi (centre-est du Nigeria), s'est imposé comme un pilier du onze olympien, faisant oublier ses errements du début de saison passée.
Clore en beauté
Cette année, il est le seul joueur de champ à avoir débuté tous les matches de Ligue 1 et à les avoir quasiment tous finis, son temps de jeu talonnant celui du gardien Steve Mandanda.
Un statut d'indétrônable qui n'empêche pas son premier admirateur, Eric Gerets, de se montrer toujours aussi intransigeant avec sa « bête ».
« Il peut faire beaucoup mieux. Je ne suis pas euphorique sur sa première période. En seconde mi-temps, c'était beaucoup plus valable. Il a joué devant le banc, j'ai donc pu le réveiller. Il a tellement de talent. Il sait bien que si je lui dis quelque chose, c'est pour son bien », a déclaré l'entraîneur belge de Marseille après le match contre Grenoble.
Et d'ajouter : « Si devant ma cheminée, en train de boire un verre de vin et de fumer un cigare, j'entendais dire qu'il est le meilleur arrière d'Europe, je serais content. »
Cela pourrait arriver rapidement puisque l'on prête à de grands clubs étrangers un vif intérêt pour le joueur qui, lui, ne cache pas son envie d'ailleurs, l'Angleterre ou l'Espagne.
Mais reste à clore en beauté, c'est-à-dire avec un titre, sa cinquième saison olympienne, dont Taiwo aborde les dernières échéances, hexagonales et européennes, avec appétit.
« En championnat, on ne lâchera rien jusqu'au bout car les matches s'enchaînent. Et bien sûr que c'est possible de se qualifier en Coupe d'Europe. Donetsk joue bien au football mais dans les vingt premières minutes, on va aller les chercher pour marquer », assure-t-il.
Aujourd'hui, ce sera le jour de son anniversaire. À bon entendeur...


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