Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Le sommet de l’hypocrisie arabe

Par David C. CORM
Comme tout le monde l'avait appris il y a près de deux mois, le président soudanais Omar Hassan el-Béchir avait été sommé de comparaître devant le Tribunal pénal international de La Haye, pour son « rôle essentiel dans les meurtres, viols, tortures, pillages et évacuation d'un grand nombre de civils au Darfour ». Les atrocités qui font rage dans cette région depuis 2003 ont occasionné la mort de 300 000 personnes et le déplacement de 2,5 millions d'innocents.
Au lieu de le livrer à la justice ou du moins de l'ignorer, les pays arabes réunis au tout récent sommet de Doha ont accueilli Omar el-Béchir comme un respectable chef d'État et se sont évertués à l'honorer et à le protéger !
L'émir du Qatar a déployé le tapis rouge à l'aéroport pour le recevoir et l'a gratifié d'une chaleureuse accolade et d'un baiser sur la joue... Le président Bachar el-Assad a ouvert la session par un discours dans lequel il demande aux chefs d'État arabes de rejeter le jugement de la Cour internationale. « Ce qui se passe par rapport au Soudan est un nouveau chapitre parmi d'autres qui considèrent les Arabes comme faibles et ne respectent pas la souveraineté de leur pays », a précisé le président syrien. Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad a déclaré : « C'est comme si le tribunal et ceux qui le soutiennent s'arrogeaient le pouvoir de nommer ou de limoger des présidents. » « Tous les Arabes sont maintenant ciblés, a-t-il ajouté, et toute demande considérée comme sage ou équitable par les autres ne sera pas acceptable dorénavant. » Nous voilà prévenus...
Voici comment les Arabes, réunis à Doha, respectent les décisions de la justice internationale. À la suite de ce sommet, le président soudanais entamait un pèlerinage à La Mecque avant de répondre à l'invitation du président Moubarak à visiter l'Égypte.
Toutes ces gesticulations en faveur de Béchir ne sont qu'un avant-goût des réactions que nous pouvons désormais attendre avec certitude lorsque le Tribunal spécial pour le Liban publiera ses jugements - à partir de La Haye également.
Ce dernier sommet arabe au Qatar non seulement atteint des sommets d'hypocrisie, mais aussi ne laisse nullement augurer un avenir respectueux du droit et de la justice pour les peuples de ces régimes qui ne songent qu'à se protéger eux-mêmes.
Que faisaient Ban Ki-moon et l'ONU, le Liban et son président dans ce cirque ? Que feront les Libanais qui ne veulent que la vérité sur les attentats qui ont dévasté leur pays depuis 2004 lorsque les décisions du Tribunal spécial pour le Liban seront contestées et rejetées par nos frères arabes ?
Comme tout le monde l'avait appris il y a près de deux mois, le président soudanais Omar Hassan el-Béchir avait été sommé de comparaître devant le Tribunal pénal international de La Haye, pour son « rôle essentiel dans les meurtres, viols, tortures, pillages et évacuation d'un grand nombre de civils au Darfour ». Les atrocités qui font rage dans cette région depuis 2003 ont occasionné la mort de 300 000 personnes et le déplacement de 2,5 millions d'innocents.Au lieu de le livrer à la justice ou du moins de l'ignorer, les pays arabes réunis au tout récent sommet de Doha ont accueilli Omar el-Béchir comme un respectable chef d'État et se sont évertués à l'honorer...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut