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Liban - Citoyen Grognon

Universités : la quantité au détriment de la qualité

Depuis sa récente décision d'accorder des licences à de nouvelles universités, la minuscule République libanaise comptera désormais, à elle seule, quarante-six universités et instituts d'enseignement supérieur... en attendant une nouvelle fournée de licences. Pas vraiment de quoi être fier ! Car certaines institutions méritent tout juste l'appellation de boutiques de l'enseignement supérieur.
Nos chers responsables ont malheureusement tendance à penser que le nombre fait la force et qu'il est prestigieux pour le pays d'avoir un nombre important d'universités. Les institutions se multiplient alors, souvent liées à telle ou telle personnalité influente. Cette dernière commence par embaucher des proches qui ont passé quelques années dans des universités à l'étranger, leur donnant des titres ronflants. Et le tour est joué. Moyennant quelques milliers de dollars pour un enseignement pour le moins douteux, ces institutions peuvent enfin délivrer des diplômes... à des chômeurs en puissance.
Le problème est que la multiplication des universités et autres institutions d'enseignement supérieur nuit sévèrement aux grandes universités du pays, dont l'objectif primordial est de délivrer un enseignement de qualité, dans un souci d'amélioration constante.
Car les maigres ressources humaines du pays, cette poignée d'enseignants qualifiés, deviennent mobiles et s'éparpillent de plus en plus entre les nombreuses institutions, portant ainsi un coup à la qualité de l'enseignement, à la qualité de la recherche aussi. Car ces mêmes enseignants, s'ils ont les capacités et les qualités requises, voient leurs élans bloqués par le manque de moyens financiers et techniques, plus spécifiquement au niveau de la recherche scientifique. Car l'évolution de chaque établissement ne peut que se trouver ralentie, alors que, dans le monde, les grandes universités continuent leur fulgurante avancée, fortes de leur corps professoral et de leurs ressources financières.
Résultat, même les grandes universités du pays font piètre figure dans le classement Webometrics de janvier 2009 des 16 000 plus grandes universités dans le monde. Un classement parmi d'autres certes, mais un classement internationalement reconnu, qui met en valeur la place qu'occupent la recherche et les publications scientifiques sur le Web, dans la réputation et la qualité d'un établissement universitaire.
À titre d'exemple, l'AUB figure à la 1 587e place de ce classement mondial et à la 5e place dans le monde arabe, derrière trois universités saoudiennes et l'Université américaine du Caire. L'USJ, quant à elle, occupe la 2 412e place mondiale et le 13e rang dans le monde arabe. La LAU, pour sa part, se situe à la 3 828e place mondiale et au 24e rang arabe. Viennent ensuite l'Université de Balamand, à la 5 154e place, la NDU à la 6 683e place, l'UL au 6 686e rang, l'Université arabe de Beyrouth à la 6 766e place, l'USEK à la 6 983e place, l'Arab Open University à la 7 033e place et enfin l'ESA à la 7 580e place.
Le Liban avait pourtant pour objectif de devenir un pôle régional d'excellence universitaire. Il reste à espérer qu'il n'a pas raté le coche.

Depuis sa récente décision d'accorder des licences à de nouvelles universités, la minuscule République libanaise comptera désormais, à elle seule, quarante-six universités et instituts d'enseignement supérieur... en attendant une nouvelle fournée de licences. Pas vraiment de quoi être fier ! Car certaines institutions méritent tout juste l'appellation de boutiques de l'enseignement supérieur. Nos chers responsables ont malheureusement tendance à penser que le nombre fait la force et qu'il est prestigieux pour le pays d'avoir un nombre important d'universités. Les institutions se multiplient alors, souvent liées à telle ou telle personnalité influente. Cette dernière commence par embaucher des proches...
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