Devant la « nouvelle génération de la libération », comme il dit, le chef du CPL a vivement dénoncé le féodalisme politique qui, a-t-il dit, s'est transformé au fil du temps « en clientélisme ». « Les hommes au pouvoir se sont mis à distribuer des services personnels, réduisant à néant le principe du service public », a-t-il indiqué.
Et le député de dénoncer ces « habitudes sociales » désormais considérées comme « une plus-value chez l'homme politique, qui cherche à obtenir en contrepartie un soutien populaire ». Des pratiques dont « nous devons absolument nous libérer », a-t-il dit. Et d'ajouter :
« Nous avons également besoin de réformes administratives, et une autorité qui puisse imposer sa volonté sur l'administration afin qu'elle se conforme aux formalités légales, et s'engage à livrer ses services à l'administré en temps voulu. » « Le député, de son côté, a le devoir de contrôler cette administration », a ajouté M. Aoun.
Dans son discours, le général a stigmatisé trois phénomènes qui, selon lui, imprègnent la vie politique libanaise, à savoir « le féodalisme, qui est un facteur de marasme empêchant tout développement social », « le confessionnalisme et le communautarisme, qui paralysent la société », et enfin, « l'argent politique dont nous devons également nous délivrer ». À ce sujet, il a affirmé qu'il est « impossible d'édifier une société sur le principe de la distribution des pots-de-vin et de l'argent sale ».
« L'État qui est édifié sur l'argent malhonnête ne peut en aucun cas œuvrer en vue de servir l'intérêt de ses citoyens », a-t-il dit, insistant sur l'importance des « ressources humaines qui sont les ressources véritablement productives du pays ».
« N'ayez pas peur. Le système économique libéral persistera. Seul le régime barbare qui pille les gens disparaîtra », a-t-il dit à l'adresse de ses invités, laissant clairement entendre que le régime actuel était fondé sur le détournement des fonds publics.
Et de conclure en espérant qu'une nouvelle phase pourra débuter à partir du 7 juin prochain, pour témoigner de la résurrection du Liban, une résurrection économique, politique et de développement, celle-là même qui s'oppose à la « politique de destruction organisée », a-t-il dit.

