L'UPEL a été fondée en 1936 par des personnalités françaises et libanaises pour venir en aide à l'enfance et à l'adolescence en difficulté ou en danger moral au Liban. Peu à peu, l'État s'est adressé à l'UPEL pour lui confier la charge des enfants auprès des tribunaux de mineurs et dans les centres d'arrestation (avant et après les jugements). Ayant géré deux centres avant la guerre de 1975 puis un troisième dans les années 1999-2001, l'UPEL est réduite actuellement à n'avoir qu'un centre, faute de ressources suffisantes. Ce qui justifie cette exposition et d'autres moyens analogues de financement ...
Les enfants que l'UPEL ne peut admettre dans sa maison sont refoulés à la prison de Roumieh. Cette situation met en relief l'impossibilité de l'UPEL de remplir pleinement sa mission en dépit du dévouement de ses membres et de tout l'héritage légué par ses anciens présidents. L'association a notamment été gérée depuis novembre 1948 par Mme Alfred Naccache et MM. Jawad Osseirane (président de l'UPEL jusqu'en 1992), Abdel Basset Ghandour, Ghassan Rabbah, Me Georges Khadige, le président Antoine Khair, jusqu'au président actuel, le Dr Bernard Gerbaka. Ils ont tous été secondés, depuis des années, par l'infatigable vice-présidente de l'association, Mme Hayat Hassan Kabalan.
Ces adolescents pour qui nous avons travaillé sont-ils encore de vrais délinquants ? Voici deux témoignages permettant d'apprécier les fruits de leur séjour au centre : un étudiant franco-libanais nous avait demandé il y a quelque temps de l'accepter en stage pour un mois à la Maison de rééducation. Ayant convaincu un cousin ayant le même âge que lui d'effectuer la même démarche, ils se rendaient tous les jours ensemble à Fanar et s'occupaient avec dévouement de nos enfants. Le Français me disait : « Ces enfants ne sont pas violents comme chez nous. Ils sont plutôt doux, et ne demandent qu'à être compris et aimés... »
Voici le second témoignage : après l'un des étés au cours duquel Melhem Khalaf avait emmené nos « enfants » en colonie de vacances durant quinze jours, un magistrat qui leur rendait visite demanda à l'un des pensionnaires du centre : « Qu'est-ce que vous avez le plus aimé pendant ces vacances ? » Il s'attendait à ce qu'il lui décrive les excursions, promenades, bains de mer et bons repas dont ils avaient bénéficié. Il eut la surprise d'entendre la réflexion suivante : « Ce que j'ai le plus aimé, c'est que les responsables ("al-assatiza") nous respectaient... » Ceux à qui je racontais cette réflexion en avaient les larmes aux yeux.
Cet article se voudrait être en même temps un appel à la générosité de ceux qui s'intéresseraient à la situation de ces enfants et qui seraient susceptibles d'aider. Qu'ils en soient remerciés à l'avance (n° du compte de l'UPEL à la SGBL Sin el-Fil : 208321)
Sr Olga SARA

