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Culture - Spectacle

Sensualité et panache ibériques au Casino du Liban

« Pasión », un spectacle chatoyant, coloré, moderne sans rompre avec les traditions de l'Espagne : voilà le monde enchanté et enchanteur de la troupe de danse Carmen Mota, probablement une des meilleures productions de scène à la salle des Ambassadeurs (Casino du Liban) qu'il ait été donné à voir aux noctambules beyrouthins.
Une quinzaine de danseurs et de danseuses à la taille cambrée et à la cheville nerveuse ont investi la scène de la baie de Maameltein pour faire revivre le soleil, la magie, les parfums, les saveurs, les cadences, la séduction, le chant, le cri, le froufrou des robes volantées et les « olé-olé » du pays de
Cervantès...
Premier tableau tout en tonalité blanche avec chapeau de matador vissé sur les cheveux noirs des garçons en boléro brodé de motifs en paillettes noires et robes au corset moulant, en cascades de gaze transparente telles des sylphides ibériques pour les filles en chignons piqués de fleurs.
Ouverture tout en panache et sensualité pour une danse gracieuse, incantatoire et vive où le corps est une véritable et séduisante sculpture mobile.
Sans décor mais avec un éclairage astucieux qui met en valeur mouvements, gestuelle et ligne des corps, le spectacle prend de l'ampleur avec Les jardins d'Aranjuez où l'amour et la passion ont les allures des amants de Vérone en prise avec le destin et ses fatals
revirements.

Splendide chapelet d'images
Castagnettes, fanfreluches, falbalas, talons qui martèlent les planches, envol, telles des colombes libérées de leur cage dorée, des mains, torses bombés, regards de braise, mantilles noires et écharpes de soie bariolée, voilà l'attirail et l'arsenal de ces danseurs au charme et aux prouesses corporelles redoutables.
De Carmina Burana de Carl Off au chant Orobroi d'une mélopée tzigane, en passant par le provocant Bolero de Ravel (entre inspiration de Béjart et traditionnelles images d'une Espagne mythique) et les Buleris alegrias tangos, aux pas de danses en langueurs chaloupées et syncopées, le spectacle s'égrène en un long et splendide chapelet d'images, retentissantes de beauté.
Entre deux tableaux soigneusement chorégraphiés et ne laissant guère de place à l'ennui, à noter la présence de magnifiques gymnastes aux corps de rêve, avec des numéros saisissants de dextérité. Notamment ce jeune funambule aux cheveux ébouriffés et nombril en l'air, tout en jonglerie à couper le souffle avec un simple escalier en aluminium livré aux caprices de l'air et des regards du public... Sans oublier l'époustouflante performance d'un autre jeune couple suspendu sur des cordages, en tout paisible et souriant défi aux lois de l'attraction terrestre...
Pour finir, un tableau « corsé», dans le plus pur style de taverne sévillane où les danseurs, en costumes noirs étriqués et foulards rouges, brûlent littéralement les planches. Ils battant, en toute frénésie, avec leur talonnette, un rythme accéléré qui va crescendo à une vitesse d'enfer... Tandis que ces charmantes dames, chignons sur la nuque, bustes droits et agressifs, enveloppées d'écharpes soyeuses aux bords en filasse, ondulent gracieusement et rendent, en savantes prêtresses de l'amour, les hommes fous de désirs...
Une longue, très longue ovation sur le tempo d'une célèbre chanson arabe endiablée intitulée Yaba, yaba...
Au premier rang de l'assistance, la présence de Sabah qui reçoit, avec le sourire, le discret hommage d'impénitent goût à la vie que lui rend, en toute vibrante simplicité, la troupe de danse Carmen Mota.
Une quinzaine de danseurs et de danseuses à la taille cambrée et à la cheville nerveuse ont investi la scène de la baie de Maameltein pour faire revivre le soleil, la magie, les parfums, les saveurs, les cadences, la séduction, le chant, le cri, le froufrou des robes volantées et les « olé-olé » du pays de Cervantès...Premier tableau tout en tonalité blanche avec chapeau de matador vissé sur les cheveux noirs des garçons en boléro brodé de motifs en paillettes noires et robes au corset moulant, en cascades de gaze transparente telles des sylphides ibériques pour les filles en chignons piqués de fleurs. Ouverture tout en panache et sensualité pour une danse gracieuse, incantatoire et vive où...
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