Pour le Liban, cette solution (l'implantation) est un piège mortel, qui vise à l'éclatement du pays. C'est, parallèlement, la stratégie d'Israël à long terme. Ce serait aussi le début de la désintégration ethnique et religieuse des pays arabes. C'est à partir de ce processus dramatique, à consonance géopolitique, qu'Israël croit régler tous ses problèmes.
Pour contrer cette stratégie, mortelle pour le Liban et pour tous les pays arabes, il convient en premier lieu de résoudre le problème de la présence au Liban de 400 000 Palestiniens.
Ce lourd fardeau déboucherait sur une implantation que personne au Liban ne souhaiterait.
Il importe que le Liban prenne la tête d'une initiative hardie, interarabe et internationale, et de réunir, à sa demande, tous les pays de la Ligue au Liban pour demander la répartition des réfugiés palestiniens, dans les autres pays arabes au prorata de leur superficie, de leur nombre d'habitants et de leur essor économique. La répartition des réfugiés palestiniens du Liban entre les autres pays arabes se ferait suivant le tableau ci-contre.
Pour le coût de l'opération, la somme qui était destinée à indemniser le Liban pour une implantation éventuelle serait utilisée. La répartition des réfugiés dans les pays arabes est sujet à discussion. Une commission pourrait être formée pour établir une liste définitive, toujours d'après les normes (superficie du pays, nombre d'habitants et son essor économique).
Avant la réunion des pays arabes au Liban, ce dernier doit initier une campagne dynamique auprès des responsables américains et européens pour qu'ils adoptent un plan précis et exhaustif de l'opération avec lui.
Il faudrait prévenir ces responsables du grand drame géopolitique au cas où l'implantation se réaliserait au Liban, ce qui aboutirait fatalement, de proche en proche par la suite, au morcellement de tout l'hinterland moyen-oriental.
Une partition généralisée au Proche-Orient enchanterait Israël, mais l'Occident y trouverait-il son intérêt ?
Émile AZAR

