Le porte-parole du commandement militaire de Bagdad, le général Qassem Atta, a affirmé hier à l'AFP que lors de « l'interpellation de Adel Machhadani et de Salmane Kaddouri (un des adjoints de Machhadani), nous avons été la cible de tirs et nos forces ont commencé à fouiller le secteur pour arrêter les auteurs ». Il a précisé qu'il s'agissait d'une opération spécifique contre Machhadani « qui fait l'objet de 80 plaintes devant la justice pour meurtre et extorsion de fonds. L'État a abandonné ses poursuites pour les actes qu'il a commis avant le 1er octobre 2008, mais il s'agit de plaintes de civils ». Le porte-parole a ensuite annoncé que Adel Machhadani était également poursuivi pour « violation de la Constitution », car « selon nos informations, Machhadani dirige l'aile militaire du parti Baas à Fadel ». Le parti Baas de l'ancien président Saddam Hussein est interdit depuis 2003.
Dans la matinée, des véhicules blindés américains circulaient dans le quartier en diffusant un message en arabe ordonnant aux habitants de rendre leurs armes avant 12h00 (09h00 GMT) et avertissant qu'ensuite, des perquisitions commenceraient. « Toute personne qui possédera encore une arme sera considérée comme un terroriste », assure le message.
« J'ai rendu mes armes car je ne voulais que les Américains bombardent ma maison et mon quartier. Mais maintenant que les sahwa sont liquidés, el-Qaëda va revenir et avec lui les attentats », a déclaré à l'AFP Qoussaï 32 ans, un membre de cette milice. « Nous avons fait tout le boulot pour virer el-Qaëda et c'est comme cela que les Américains nous remercient », a-t-il lancé, dégoûté.
Autrefois bastion d'el-Qaëda, Fadel était redevenu calme en 2008 grâce aux efforts des sahwa. Depuis, forces de l'ordre et miliciens tenaient ensemble des barrages. Il y a 94 000 membres des sahwa en Irak, dont 54 000 dans la province de Bagdad, qui sont rémunérés par l'État. Leur ralliement au pouvoir a été un des grands facteurs de l'amélioration de la sécurité dans le pays. Le Premier ministre Nouri al-Maliki avait indiqué qu'il intégrerait 20 % des ex-insurgés dans les forces de sécurité et offriraient des formations civiles aux autres. « Le gouvernement et les forces de sécurité continuent de les intégrer », a assuré le général Atta.
À Fadel, « près la moitié des sahwa ont rendu leurs armes, soit environ 50 personnes », a affirmé le lieutenant-colonel David Buckingham, de la 3e brigade de la 82e division aéroportée, qui dirige l'opération côté américain. Entouré de six miliciens qui venaient de rendre leurs armes, il a assuré que l'armée américaine « agissait en soutien à l'armée irakienne mais ne menait pas l'opération ».

