Intervenant en ouverture du colloque, le recteur de l'USJ, le Pr René Chamussy s.j., a mis en garde contre « les dérives » qui menacent l'université, toute université.
« Certains ont parlé de « marchandisation » du savoir, a-t-il dit, ce qui implique évaluation des enseignants en fonction de critères purement techniques et formation des étudiants en fonction d'une insertion seulement mécanique dans le marché du travail. »
« Le résultat n'est guère brillant », en conclut-il, puisque « le monde des affaires, des entreprises et de l'économie a su nous montrer ces derniers mois à quoi la course pure et dure au profit peut conduire notre monde ».
Dans son effort pour « remettre en perspective des valeurs qui faisaient sens et qui n'invitaient pas à l'accumulation, mais au partage, ni à l'asservissement technologique, mais au primat de l'humain », l'USJ a croisé le Centre d'études et de prospective stratégique (CEPS-Paris), un des « Think Tank » européens les plus indépendants, et l'idée d'un colloque conjoint est née.
« Vivre différemment, c'est cependant tout un travail : des fenêtres à ouvrir, des mots à échanger, un univers à reconstruire (...). Je vous souhaite bonne route en ce périple que vous avez souhaité imaginer », a conclu le Pr Chamussy.
Le colloque, auxquels participaient le ministre de l'Information Tarek Mitri, Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon (France), des hommes d'affaires, des vice-recteurs de l'USJ, des enseignants, des fondateurs d'organisations non gouvernementales, était coordonné par le Pr Georges Aoun, vice-recteur à la recherche de l'USJ.
Dans son effort pour cerner et étudier « les changements survenus au début du XXIe siècle au niveau de l'environnement des personnes et des organisations ainsi que la réaction des personnes et des organisations », le colloque a noté l'évolution rapide des technologies, l'apparition de nouvelles maladies (SRAS, Ebola,...), la résistance à la modernité à cause des changements qui inquiètent, un repli communautaire. Des dysfonctionnements auxquels il faut ajouter la présente crise financière « due à l'absence de systèmes de régulation et la liberté totale accordée aux opérateurs ».
Les plus vulnérables à ces changements restent encore les jeunes, auxquels il est important de trouver des repères, par le biais des institutions d'enseignement.
Ce colloque, qui a été un moyen d'échanger des idées, de se comprendre et de proposer des solutions, s'est achevé sur une note d'espoir : rien n'est insurmontable si l'on repense la notion de responsabilité, si on lutte pour des valeurs comme la transparence des institutions et contre le recours au mensonge, pour la reconnaissance du droit à l'information, l'exercice d'un contrôle de la société civile sur les différents opérateurs, la promotion de la solidarité sociale, la valorisation du respect de l'éthique aux yeux des futurs managers, etc.

