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Moyen Orient et Monde - Tibet

Le panchen, un lama proche de la Chine

Seconde autorité spirituelle du bouddhisme tibétain, Gyeltsen Norbu est de plus en plus présent sur la scène intérieure chinoise, mais n'est guère accepté par les Tibétains.
Le panchen-lama, seconde autorité spirituelle du bouddhisme tibétain, occupe une place de plus en plus grande dans l'offensive de la propagande chinoise contre le dalaï-lama et les Tibétains opposés à la présence chinoise sur le « Toit du monde ». Le 11e panchen-lama, un jeune homme frêle de 19 ans, pourrait de nouveau faire une apparition au deuxième congrès bouddhique mondial organisé de jeudi à lundi à Wuxi, dans l'est de la Chine.
Lors de la première édition du congrès, il y a deux ans, le jeune homme aux petites lunettes rondes avait effectué sa première apparition publique. Plus de dix ans après la vive controverse entraînée par sa désignation. En mai 1995, le dalaï-lama avait en effet provoqué la colère des Chinois en annonçant la désignation de Gedün Chokyi Nyima, un garçon originaire du nord du Tibet, comme réincarnation du 10e panchen-lama. Ce dernier était décédé en 1989 après avoir été un allié critique des Chinois. Pékin avait riposté en faisant disparaître le candidat du dalaï-lama et en désignant à sa place Gyeltsen Norbu. Avec l'âge, ce dernier a gagné en stature, soutenant sans réserve la ligne de Pékin sur le Tibet.
Lundi, dans un article publié par Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste au pouvoir, le jeune homme a loué les progrès réalisés sur le « Toit du monde » depuis 1959. « Les faits montrent que c'est seulement sous la direction du Parti communiste chinois que le Tibet peut jouir de la prospérité actuelle et d'un avenir encore plus beau », a écrit Gyeltsen Norbu. « Comme descendant de serfs dans l'ancien Tibet et réincarnation du panchen-lama, je suis enthousiasmé à l'idée de célébrer, comme le pays tout entier, le jour d'émancipation des serfs », a-t-il aussi assuré. Pékin célébrera demain pour la première fois cette journée afin de commémorer la fin de la « féodalité » au Tibet après l'échec d'une insurrection contre la présence chinoise.
Le 15 mars, le jeune panchen-lama, qui évite cependant tout contact direct avec les journalistes, avait également visité la grande exposition organisée à Pékin pour célébrer le « cinquantième anniversaire des réformes démocratiques au Tibet ». Le discours du panchen-lama tranche nettement avec celui du dalaï-lama. Le chef spirituel des Tibétains, en exil depuis 50 ans, a accusé la Chine d'avoir transformé le Tibet en « enfer » et tué « des centaines de milliers de Tibétains ».
Cependant, si le panchen-lama est de plus en plus présent sur la scène intérieure chinoise, il n'est guère accepté par les Tibétains, relèvent des tibétologues étrangers. « C'est un pion de la propagande, il est utilisé par Pékin », explique Samten G. Karmay, ancien président de l'Association internationale des études tibétaines, qui vit à Paris. « La population tibétaine ne le reconnaît pas en tant que tel, il dit des choses dans la ligne du Parti communiste », ajoute-t-il. Cependant, cette division entre le dalaï-lama et le panchen-lama, tous deux appartenant aux Gelugpas, une école du bouddhisme tibétain, remonte au-delà des communistes, précise Samten G. Karmay. Déjà au XIXe siècle, l'Empire mandchou des Qing avait joué sur cet antagonisme pour faire du panchen-lama un allié. Et l'imposition par Pékin de son candidat en 1995 peut augurer de ce qui se passera à la mort du dalaï-lama. « Le gouvernement chinois essaiera de nommer quelqu'un. Mais (...) la Chine aura un problème de légitimité », explique Tsering Shakya, historien tibétain, chercheur à l'université de Colombie-Britannique (Canada). « C'est sûr à 100 % que les Tibétains ne reconnaîtront pas un enfant désigné par les Chinois comme dalaï-lama », ajoute-t-il.
Le panchen-lama, seconde autorité spirituelle du bouddhisme tibétain, occupe une place de plus en plus grande dans l'offensive de la propagande chinoise contre le dalaï-lama et les Tibétains opposés à la présence chinoise sur le « Toit du monde ». Le 11e panchen-lama, un jeune homme frêle de 19 ans, pourrait de nouveau faire une apparition au deuxième congrès bouddhique mondial organisé de jeudi à lundi à Wuxi, dans l'est de la Chine.Lors de la première édition du congrès, il y a deux ans, le jeune homme aux petites lunettes rondes avait effectué sa première apparition publique. Plus de dix ans après la vive controverse entraînée par sa désignation. En mai 1995, le...
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