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Sport - Rugby

Kidney, le père de la victoire de l’Irlande

Tournoi 2009 En quelques mois, l'entraîneur Declan Kidney a détruit la peur de vaincre de l'Irlande, vaincu ce blocage psychologique qui barrait la route de la victoire à une « génération dorée » enfin couronnée d'un grand chelem dans le tournoi des six nations remporté samedi.

Tous les titres de l'ovalie verte depuis plus de dix ans portent la marque de cet éphémère professeur de mathématiques de Cork (sud de l'Irlande), âgé de 49 ans : la victoire du Mondial juniors en 1998, les deux sacres européens du Munster (2005 et 2008), et désormais le grand chelem, le deuxième dans l'histoire.
Pourtant, Kidney, homme discret, « taiseux », qui se décrit comme « un facilitateur » et un « motivateur » plus que comme un stratège, n'a pas tout changé. Les joueurs sont peu ou prou les mêmes que ceux qu'utilisait son prédécesseur Eddie O'Sullivan, à qui Kidney a rendu hommage avec élégance.
Pour leur rendre une confiance détruite par le fiasco du Mondial 2007, il s'est appuyé sur un message simple : « Le rugby en Irlande n'a jamais été aussi fort que ces dix dernières années. » Et les joueurs fantomatiques du tournoi 2008 ont semblé transfigurés.
« Il a mis de l'ordre dans une équipe fantastique (...) Il a quelque chose de spécial, quelque chose qui ne s'invente pas, qu'on a ou qu'on n'a pas », dit de lui le capitaine Brian O'Driscoll, 30 ans.
Les relations entre les deux hommes n'ont pas toujours été au beau fixe depuis son passage, aussi court que catastrophique, au Leinster en 2004. Mais Kidney s'est attaché la fidélité de l'icône de la sélection, en le confirmant comme capitaine, malgré les appels à l'hallali. « BOD » l'a remercié en lui offrant un tournoi somptueux d'engagement et de talent.

Fidélité
« Quiconque a travaillé sous la direction de Kidney a le plus grand respect pour lui », dit Paul Buckley, son premier demi de mêlée, au Presentation Brothers College de Cork où il a lancé sa carrière d'entraîneur en 1985.
Depuis, Kidney s'est appuyé sur une idée force : « Il a toujours dit qu'il faut perdre des matches avant d'en gagner », se souvient un autre de ses anciens élèves, Philipp Neville. « Il a appris tout au long du chemin et il sait apprendre de ses erreurs », dit Buckley.
La route de Kidney n'a pas été jonchée de roses. Outre l'échec du Leinster, il n'est resté que trois mois en poste aux Newport-Gwent Dragons, et un premier court passage en équipe d'Irlande comme entraîneur adjoint s'était mal passé.
Même au Munster, où il est un dieu vivant, il ne faisait pas l'unanimité à ses débuts, se heurtant à des cadres, Mick Galwey et Peter Clohessy, qui ne comprenaient pas sa décision d'écarter des joueurs confirmés pour lancer deux gamins, Peter Stringer et Ronan O'Gara.
Cet ancien ouvreur de petit niveau, que l'ancien responsable des arrières du Leinster, David Knox, décrit avec mépris comme un « entraîneur de rugby à dix », a été choisi par défaut au printemps dernier par sa fédération (IRFU) après les refus de grands noms. Aucun Irlandais ne le regrette : sans forcer, Kidney a gagné une reconnaissance qu'il n'a jamais réclamée.
Tous les titres de l'ovalie verte depuis plus de dix ans portent la marque de cet éphémère professeur de mathématiques de Cork (sud de l'Irlande), âgé de 49 ans : la victoire du Mondial juniors en 1998, les deux sacres européens du Munster (2005 et 2008), et désormais le grand chelem, le deuxième dans l'histoire.Pourtant, Kidney, homme discret, « taiseux », qui se décrit comme « un facilitateur » et un « motivateur » plus que comme un stratège, n'a pas tout changé. Les joueurs sont peu ou prou les mêmes que ceux qu'utilisait son prédécesseur Eddie O'Sullivan, à qui Kidney a rendu hommage avec élégance.Pour leur rendre une confiance...
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