Selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), le déficit budgétaire des États-Unis pour l'exercice 2008-2009 devrait atteindre le montant record de 1 845 milliards de dollars, soit l'équivalent de 13,1 % du produit intérieur brut.
Le rapport du CBO « devrait servir comme une piqûre de rappel pour cette administration », a indiqué dans un communiqué le chef de la minorité républicaine de la Chambre John Boehner. « Nous ne pouvons pas continuer à hypothéquer l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants », a-t-il ajouté.
Côté Sénat, son homologue Mitch McConnell a écrit : « S'il y avait le moindre doute que le budget de l'administration dépense trop, taxe trop et emprunte trop, il s'est évaporé. »
Les leaders de l'opposition au Congrès se placent donc en ordre de bataille pour affronter un débat parlementaire qui s'annonce animé, d'autant que certains démocrates commencent eux aussi à avoir le vertige devant les chiffres du déficit.
En effet, une quinzaine de démocrates modérés du Sénat ont formé, autour du sénateur Evan Bayh, un groupe pour aider l'administration à trouver des solutions à la crise à travers un budget reposant sur la « responsabilité budgétaire ».
L'administration a présenté au Congrès fin février un projet de budget 2010 de 3 500 milliards de dollars. Des discussions préliminaires, ainsi que les premières auditions, notamment, du secrétaire au Trésor Timothy Geithner et du directeur du budget de la Maison-Blanche Peter Orszag, ont déjà eu lieu.
La Maison-Blanche et la majorité démocrate espèrent terminer le débat sur le budget au printemps.
Le mois dernier, les républicains ont annoncé leur intention de présenter une contre-proposition au budget de l'administration. Les chiffres du CBO pourraient renforcer leur position au Congrès.
Le CBO prévoit 9 300 milliards de dollars sur la période 2010-2019, soit 2 300 milliards de plus que prévu par l'administration Obama.
Pour le sénateur Charles Grassley, membre de la commission des Finances et de celle du Budget, « la parole du CBO est l'Évangile. Le Congrès et l'administration doivent saisir le message. C'est le contribuable qui commande ». « La Maison-Blanche devrait cesser d'essayer de vendre son budget et expliquer pourquoi ils se sont trompés de 2 300 milliards », a-t-il lancé.
Le président Obama a mobilisé la semaine dernière des millions de ses partisans à travers le pays afin qu'ils fassent pression sur le Congrès pour l'adoption du budget.
Selon un sondage Rasmussen publié mercredi dernier, 44 % des électeurs seulement ont une opinion favorable du premier budget de M. Obama et 45 % le jugent défavorablement.


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