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Moyen Orient et Monde - Iran-Usa

Khamenei montre qu’il reste aux commandes

Le guide suprême demande au président US de joindre les actes à la parole.Le guide suprême demande au président US de joindre les actes à la parole.
En répondant rapidement au président Barack Obama, le dirigeant suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a voulu signifier qu'il restait seul décideur sur la question centrale d'un rapprochement avec les États-Unis, à moins de trois mois de la présidentielle, ont déclaré hier des analystes. Il est très rare que le guide suprême iranien réagisse aussi rapidement car il se donne généralement le temps de la réflexion. « Nous n'avons aucune expérience des nouveaux gouvernement et président américains. Nous observerons et jugerons. Changez, et notre attitude changera. Si vous ne changez pas d'attitude, sachez que notre peuple s'est renforcé, est devenu plus fort au cours de ces 30 dernières années » et continuera de résister, a-t-il déclaré samedi, au surlendemain de l'offre du président américain. Ce dernier avait pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens, à qui il a offert de surmonter trente années de relations hostiles dans un message diffusé pour le nouvel an iranien dans la nuit de jeudi à vendredi. L'ayatollah a ajouté qu'il prenait ses décisions « avec logique et non de manière émotionnelle (et) après avoir fait des calculs précis ». « Nous ne voyons aucun changement, même la littérature n'a pas changé. Si ce que vous dites est vrai, pourquoi nous ne voyons pas de changement. Les responsables américains et les autres doivent savoir qu'on ne peut pas tromper le peuple iranien et lui faire peur. Le changement dans les mots n'est pas suffisant, il doit être réel », a ajouté l'ayatollah Khamenei. Il a également affirmé avec ironie que les Iraniens « remerciaient les États-Unis pour les sanctions imposées contre le pays » car cela a permis à l'Iran de devenir plus fort, citant l'exemple de la mise en orbite d'un satellite ou les progrès dans les domaines nucléaire et balistique.
« Il a voulu signifier à tout le monde que c'est lui qui prend les grandes décisions. Le silence du président Mahmoud Ahmadinejad ou du ministère des Affaires étrangères le confirme », a déclaré à l'AFP l'analyste Parviz Esmaïli, proche des conservateurs. Pour l'analyste modéré Mashallah Shamsolvaezine, le président Obama a eu raison de s'adresser au plus haut niveau du pouvoir iranien et non au président Ahmadinejad. « Je suis certain que le président Ahmadinejad aurait voulu donner lui-même cette réponse au président Obama car cela aurait augmenté ses chances de réélection, mais le guide suprême a signifié qu'il était aux commandes », a ajouté l'analyste réformateur Saïd Leylaz.
À l'approche de la présidentielle du 12 juin, la question d'une reprise des relations entre Téhéran et Washington peut devenir un thème central car la majorité des Iraniens y est favorable, selon des analystes, même si beaucoup estiment que seuls les conservateurs auront les mains libres pour le faire. Pour le moment, outre M. Ahmadinejad, dont un proche a dit qu'il serait candidat, l'ancien Premier ministre modéré Mir Hossein Moussavi et le réformateur Mehdi Karoubi restent en lice après le retrait de l'ancien président réformateur Mohammad Khatami. « Quoi qu'on pense d'Ahmadinejad, il a beaucoup fait pour normaliser cette question. Les conservateurs ne permettront jamais à un président réformateur de tirer bénéfice d'un tel rapprochement avec les États-Unis », affirme M. Leylaz, qui estime que cela profiterait à un candidat plus modéré que M. Ahmadinejad, même s'il vient du camp conservateur. Pour M. Shamsolvaezine, les conservateurs, parmi lesquels il range le guide suprême, ont une capacité plus grande pour un tel rapprochement, ce qui va renforcer leurs chances à la présidentielle. « M. Khamenei a une confiance accrue, car il peut dire que sa politique de résistance face aux États-Unis a payé et cela lui donne une plus grande légitimité. C'est pourquoi il se permet de dire que les États-Unis doivent accepter l'Iran tel qu'il est, c'est-à-dire avec son programme nucléaire, son programme balistique et avec son influence dans la région », estime-t-il.
Tous pensent que la réponse de M. Khamenei a été modérée. Toutefois, les analystes estiment que le chemin sera long, comme l'a reconnu le président Obama. « L'Iran et les États-Unis ressemblent à deux jeunes amoureux qui ont commencé à se haïr. La haine peut se transformer de nouveau en amour. C'est l'indifférence qui tue. Mais cela ne veut pas dire qu'ils vont sauter dans le lit immédiatement, cela prendra du temps », conclut M. Shamsolvaezine.

En répondant rapidement au président Barack Obama, le dirigeant suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a voulu signifier qu'il restait seul décideur sur la question centrale d'un rapprochement avec les États-Unis, à moins de trois mois de la présidentielle, ont déclaré hier des analystes. Il est très rare que le guide suprême iranien réagisse aussi rapidement car il se donne généralement le temps de la réflexion. « Nous n'avons aucune expérience des nouveaux gouvernement et président américains. Nous observerons et jugerons. Changez, et notre attitude changera. Si vous ne changez pas d'attitude, sachez que notre peuple s'est renforcé, est devenu plus fort au cours de ces 30 dernières...
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