La Fed « a décidé d'acheter jusqu'à 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme au cours des six prochains mois », a indiqué la Banque centrale à l'issue de deux jours de réunions à Washington.
La Fed va aussi augmenter son programme de rachats de titres adossés à des actifs immobiliers de 750 milliards de dollars, pour le porter au maximum à 1 250 milliards.
Ces décisions ont été saluées à la Bourse de New York qui a clôturé en hausse.
« En un communiqué, la Fed rajoute 1 100 milliards de dollars dans le système », a souligné à Wall Street l'analyste Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.
« C'est très largement haussier pour les obligations, un peu moins pour les actions, mais c'est positif, car la Fed est prête à tout et achète tout », a observé son confrère Cary Leahey, de Decision Economics.
Les marchés européens, qui ont clôturé avant le communiqué de la Fed, étaient moins enthousiastes.
La situation sociale se dégradait un peu plus en Europe avec l'annonce d'une forte hausse du chômage au Royaume-Uni et la préparation d'une nouvelle journée de manifestations jeudi en France.
Le nombre de chômeurs au Royaume-Uni a dépassé les deux millions pour la première fois depuis 1997 en janvier, tandis que le taux de chômage grimpait de 0,5 point de pourcentage à 6,5 %.
Le Fonds monétaire international (FMI) s'apprête à réduire encore sa prévision d'évolution du produit intérieur brut (PIB) au Royaume-Uni cette année, misant sur une contraction de 3,8 % et encore de 0,2 % en 2010.
Le tout dans le cadre d'une baisse de 0,6 % du PIB mondial. Parmi les grandes économies, seul le Japon ferait pire que le Royaume-Uni à -5 % cette année, avant une stagnation l'an prochain.
En France, la ministre de l'Économie Christine Lagarde a prévu un retour de la croissance de l'ordre de 1 % en 2010, après un recul de 1,5 % en 2009.
Le président Nicolas Sarkozy affrontera aujourd'hui une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre sa politique face à la crise, dans un climat social de plus en plus tendu par les annonces de restructurations, notamment dans le secteur automobile.
Aux États-Unis, le président Barack Obama a exprimé sa « confiance totale » en son secrétaire au Trésor Tim Geithner, dont certains commencent à réclamer la démission en raison de sa gestion du scandale des primes versées par le géant de l'assurance AIG à ses dirigeants.
AIG, symbole de ces compagnies dont les montages financiers risqués ont détraqué le système financier et fortement contribué à la crise, a versé 165 millions de dollars de primes à ses dirigeants, alors qu'il a reçu 170 milliards de l'État pour ne pas faire faillite.
Aujourd'hui et demain, les dirigeants européens se réuniront à Bruxelles pour préparer une position commune en vue de la réunion du G20 le 2 avril à Londres sur la réforme du système financier.
Ils pourraient décider de mettre 10 milliards d'euros supplémentaires à la disposition de leurs partenaires de l'Est confrontés à des difficultés financières.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a estimé que les efforts consentis au niveau mondial contre la crise n'étaient « pas suffisants » et a appelé les dirigeants du G20 à prendre de nouvelles mesures.


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