À la recherche de l'image
Chasseur d'images, il l'a été naturellement très jeune. Autodidacte, il s'est amélioré au gré des photos qu'il ne cesse de saisir. Portraits, photos publicitaires et, surtout, paysages qu'il affectionne et qui lui permettent de « voir grand ». Las un beau jour de constater que les images sur le Liban diffusées par les télévisions étrangères étaient toutes aussi banalement violentes et biaisées, triste de voir que tous les livres sur ce sujet étaient obsolètes, trop ou trop peu, mais jamais fidèles à la beauté du pays du Cèdre, il décide de s'y mettre et réunit sa première collection d'images sur Internet, « une galerie virtuelle à partager avec les amis et la famille ». En 2004, le jeune photographe réalise son premier livre Les preuves du temps, un avant et après Zahlé 2004. Il sera aussi une esquisse du projet qui va suivre, Liban : Mémoires d'un instant et qui va englober toutes les régions du Liban, vu du ciel, vu de partout, mais surtout vu du cœur. Avec une préface de May Chidiac qui représentait à ses yeux un symbole fort, « quelqu'un qui, à l'image du pays, est tombé et s'est relevé », Clément Tannouri étale sur 250 pages, et en langue française, les plus belles couleurs de la Békaa, du Mont-Liban, du Liban-Nord ou encore de Beyrouth. Chasseur d'instants privilégiés, où la communion avec la nature est parfaite, chaque photo de cette année 2006 est datée. Jour, mois et heure. Sannine sous la neige un mardi 14 février, Qartaba au soleil un dimanche 9 avril 2006 à 12 heures 23, Majdel Tarchiche éclatant un dimanche 21 mai à 18 heures 18. La qualité des images est aussi précise que ces dates. Les clichés, poétiques, semblent plus beaux que nature. Vendu dans toutes les librairies, 10 000 LL du prix du livre seront reversées à la Croix-Rouge libanaise.
Un rêve
Enfin, et pour décliner son idée sous une autre forme, le photographe vient de créer le kit Cedarsbox dans une édition limitée à 10 452 boîtes. Carrée, verte et marron, elle contient un pot en terre cuite, un petit sachet de terre, un paquet de trois graines de cèdre et 6 cartes postales. « C'est un cadeau souvenir à offrir ou emporter avec soi, loin de sa terre. Mais je l'ai conçu aussi pour que, c'est un rêve, évidemment, chaque Libanais puisse planter son cèdre et son patriotisme dans chaque coin du pays. » Tannouri promet également de verser un dollar des gains pour le reboisement des forêts.
En pleine préparation d'un nouvel ouvrage, Liban : sur la terre comme au ciel qui l'amène, comme une prière, à sillonner le pays pour atteindre les lieux les plus inaccessibles, il se dit privilégié de pouvoir savourer chacun de ces instants de vrai bonheur et surtout de les sceller dans la mémoire individuelle de chaque Libanais.

