Le ministre Chatah a affirmé que la crise internationale n'a pas de répercussions outre mesure sur le Liban, rappelant que le volume des dépôts bancaires, qui représente trois fois le PIB, donne aux établissements de crédit une capacité de financement importante. Il a énuméré les raisons de succès des banques libanaises, faisant référence à la politique conservatrice que la BDL a adoptée et à leur abstention de faire des placements dans les produits dérivés.
En ce qui concerne les prévisions de 2009, le grand argentier a dit s'attendre à ce que le taux de croissance économique recule de 8 % à 3 %, un taux de croissance qu'il a qualifié d'acceptable et n'augurant pas d'une récession dans le pays.
Le ministre Chatah a par ailleurs prévu un recul des dépôts bancaires de 15 % à 10 % et un taux d'inflation de 3 %. Au sujet des options que le Liban pourrait éventuellement lever pour faire face à la crise internationale financière, il a préconisé la libéralisation des secteurs des télécoms et de l'énergie, et une politique fiscale qui maîtriserait le volume de l'endettement du Trésor.
Il a souligné la priorité de l'État d'endiguer le volume du déficit budgétaire et de laisser croître l'économie.
Il a souligné que le gouvernement allait refinancer des échéances de dettes d'une valeur de 14 milliards de dollars en 2009.
De son côté, l'ancien ministre Jihad Azour a estimé que l'actuelle crise financière internationale est la plus importante qu'a connue le monde depuis l'avènement du capitalisme il y a trois cents ans. Il a affirmé que cette crise est la résultante de plusieurs chocs. Il a également estimé que les retombées de cette crise sur les pays de la région ont été proportionnelles à l'intégration des économies des pays dans l'économie mondiale. Il a cité des pays affectés par la crise, comme le Koweït et les Émirats arabes unis, et d'autres moins affectés comme le Qatar.
Il a rappelé que le système financier libanais n'a pas été touché tout comme ceux du Maroc, de la Tunisie, de la Jordanie et de l'Égypte, qui ont des économies diversifiées.
Pour sa part, l'économiste Kamal Hamdan a estimé que la crise internationale a dicté une reformulation de l'équilibre entre l'État et les marchés de sorte que l'État recouvre son rôle d'État providence et le secteur privé de se préparer à cette alternative. Il s'est félicité par ailleurs de la recapitalisation des banques libanaises, qui a eu lieu ces dernières années, soulignant que près de 80 % de leurs bénéfices sur cette période ont été investis dans leurs capitaux propres. Il a enfin recommandé que l'État se concentre sur l'obtention des prêts et donations auxquels se sont engagés les participants à la conférence Paris III.


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