Une « opération d'évaluation de la performance écologique au Liban » : c'est ce qu'a lancé hier le ministère de l'Environnement, avec pour partenaires la Banque mondiale et le ministère des Finances. Si l'on met de côté le fait que cette initiative est prise bien tard et que, comme toute étude effectuée au Liban, il faut attendre sa mise en application pour en évaluer le sérieux, cette opération pourrait se révéler intéressante si elle produit des chiffres dans un pays où il y en a si peu. Des chiffres qui confirmeraient sans nul doute l'impression générale que la performance en matière d'environnement n'a pas été, jusque-là, à la hauteur. Déjà, dans son allocution, le ministre de l'Environnement Antoine Karam a évoqué le coût de la dégradation environnementale tel qu'estimé au Liban, et qui atteindrait 565 millions de dollars par an, ce qui équivaut à non moins de 3,4 % du PIB ! Certes, ce chiffre-là n'est pas nouveau, et on a souvent entendu des responsables du ministère le rappeler, sans que cela n'émeuve personne, au sein de l'État, au point de faire de l'environnement une priorité.
Hier, le ministre des Finances Mohammad Chatah a souligné que « toute croissance susceptible d'être durable ne peut que prendre l'environnement en considération ». Serait-ce une lueur d'espoir ? Nous sommes toujours sur le terrain glissant des belles paroles.
D'autre part, le ministère de l'Environnement a encore une fois brillé par son absence lors du dernier Forum ministériel environnemental global organisé, en février dernier, par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) à Nairobi, Kenya. C'est ce que confirme Waël Hmaïdane, directeur exécutif de l'ONG IndyAct, qui était présent sur place et qui précise que le secteur civil libanais était, par contre, bien représenté à cette réunion.
Celle-ci était importante à plus d'un titre, comme le souligne M. Hmaïdane, en partie parce qu'elle a permis de discuter des politiques de climat à moins d'un an du sommet de Copenhague. Mais l'une des percées majeures du rassemblement a été de paver la voie à des négociations sur un futur traité international de contrôle de la pollution due au mercure. La question de la présence de ce métal lourd dans l'environnement, qui a le potentiel de provoquer une contamination mondiale, requiert une réponse globale. L'exposition à des taux importants de mercure a, en effet, des conséquences irrémédiables sur l'organisme : dégâts au niveau du cerveau, des reins, des poumons, etc.
Enfin, la dernière décision importante pour le monde arabe a été celle d'envoyer une mission à Gaza pour évaluer l'impact environnemental des agressions israéliennes contre la bande. Décision importante mais tardive également.
Bref, les bonnes intentions, on en trouve à la pelle. Reste à savoir si, au moment crucial de l'application, elles ne seront pas aussi insaisissables que le mercure.
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