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Liban - Exécutif

Un Conseil des ministres important, à défaut d’être décisif

Un Conseil des ministres s'est tenu hier au Sérail. Principaux résultats : la carte de santé, l'unification des tarifications des soins hospitaliers, la protection des juges libanais siégeant au TSL.
La rencontre au sommet Sleiman-Berry-Siniora à Baabda mercredi n'a apparemment pas suffi à aplanir les difficultés empêchant le budget d'être approuvé et les nominations en souffrance de prendre le bon chemin. Faute d'un Conseil des ministres décisif, les Libanais ont quand même eu droit hier à un Conseil des ministres important, puisqu'il a permis de prendre trois décisions à portées politique et sociale majeures.
La décision politique concerne le plan de protection des quatre juges libanais qui siégeront au Tribunal spécial pour le Liban à La Haye. Le plan doit assurer leur sécurité et celle de leurs familles restées au pays.
Les deux autres décisions sont importantes par leur portée sociale. La première concerne l'approbation d'un plan provisoire de révision et d'unification des tarifications hospitalières en vigueur entre les patients du secteur public et les hôpitaux privés, conformément à une étude de la Banque mondiale.
L'adoption de ce plan est la clé de la reprise des admissions, par les hôpitaux privés, des patients assurés par les tiers payants publics : ministère de la Santé, médecine militaire, Sûreté générale et Sûreté de l'État.
Le gouvernement a exhorté hier les hôpitaux à rouvrir leurs portes, fermées depuis trois mois, devant ces patients. Cette décision répond notamment aux vœux des enseignants du secteur public, qui avaient protesté, place Riad el-Solh, contre la condition qui leur était faite par les hôpitaux privés, et s'en étaient plaints au Premier ministre.
Toutefois, les hôpitaux pourraient trouver à redire au sujet du coefficient par lequel doivent être multipliées les nomenclatures d'actes médicaux bien précis, qui est inférieur à celui qu'ils ont accepté, sur proposition du ministre de la Santé (6 500 au lieu de 8 000 LL).
La seconde décision porte sur l'approbation de la carte de santé, un projet cher au ministre de la Santé, Mohammad Jawad Khalifé, et qui doit assurer une couverture santé à tous les Libanais ne bénéficiant pas de la Sécurité sociale (environ 1 600 000), pour une somme relativement modique. Une commission ministérielle regroupant les ministres de la Santé et des Finances a été formée hier pour préparer un projet de loi en ce sens, dans les deux mois qui viennent.
Le gouvernement a également demandé à certaines administrations de la Békaa de se mobiliser pour aider au redressement des régions de Zahlé affectées par des coulées de boue et des inondations.

Les volets politiques
Comme d'habitude, la moitié du Conseil des ministres a été consacrée à la politique, notamment aux dossiers polémiques du budget et des nominations judiciaires. Ce dernier dossier a été au cœur d'échanges assez vifs entre l'opposition et la majorité, qui a fait valoir le côté sain et positif de nominations faites en toute indépendance par le Conseil supérieur de la magistrature. « Il faut non seulement ne pas protester contre ces nominations, mais les encourager », a fait valoir en particulier M. Nassib Lahoud.
La première partie du Conseil des ministres a permis au Premier ministre de faire le point des changements qui se produisent sur la scène arabe. M. Siniora a relevé que « le Liban est le premier à bénéficier du climat de détente qui marque les rapports arabes, comme il est le premier à souffrir de leur dégradation ».
M. Siniora a par ailleurs parlé de l'utilité de son récent voyage au Yémen, où prospèrent plusieurs milliers de Libanais, et son prochain voyage au Maroc.
Sur sa réunion avec le président de la Chambre, Nabih Berry, la veille, à Baabda, à l'invitation du chef de l'État, M. Siniora a affirmé que l'atmosphère avait été « bonne » et que les discussions avaient été « franches ». Mais la réunion , a-t-on compris de source ministérielle, n'a pas été suffisante pour aplanir tous les malentendus, encore que, selon ces sources, « la solution a été mise sur les rails ».
Les sources ministérielles citées relèvent que les échanges ne se sont pas limités au Conseil du Sud, mais ont porté sur tous les sujets, y compris les nominations judiciaires et autres. À ce propos, on apprend que M. Siniora a rejeté une proposition de nomination faite par le chef du Législatif au poste de directeur général des affaires politiques au ministère de l'Intérieur.
Le sujet de la protection des magistrats s'est en fait greffé sur d'autres soucis sécuritaires signalés par des ministres de la majorité, qui ont demandé le renforcement des mesures de sécurité entourant certaines personnalités et chefs de parti. Ces mesures étaient du reste considérées comme acquises dès la semaine dernière, mais le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud avait demandé quelques jours supplémentaires pour organiser cette protection et lui affecter des forces.
Toutefois, le Conseil des ministres n'a pas soulevé la question de l'accord d'entente entre le gouvernement libanais et le TPS, que le ministre Mohammad Fneich (Hezbollah) a affirmé, en début de séance, vouloir soulever en privé.
La rencontre au sommet Sleiman-Berry-Siniora à Baabda mercredi n'a apparemment pas suffi à aplanir les difficultés empêchant le budget d'être approuvé et les nominations en souffrance de prendre le bon chemin. Faute d'un Conseil des ministres décisif, les Libanais ont quand même eu droit hier à un Conseil des ministres important, puisqu'il a permis de prendre trois décisions à portées politique et sociale majeures.La décision politique concerne le plan de protection des quatre juges libanais qui siégeront au Tribunal spécial pour le Liban à La Haye. Le plan doit assurer leur sécurité et celle de leurs familles restées au pays. Les deux autres décisions sont importantes par leur portée sociale. La...
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