Face à la crise mondiale, les attentes se focalisent sur la réunion du G20, regroupant les plus grandes économies mondiales, qui aura lieu le 2 avril à Londres.
« Nous avons deux objectifs au G20. Le premier est de faire en sorte qu'il y ait une action concertée à travers le monde pour relancer l'économie. Le deuxième objectif, c'est de faire des progrès sur un programme de réforme » du système financier, a déclaré Barack Obama en recevant son secrétaire au Trésor Timothy Geithner peu avant le départ de celui-ci pour une réunion des ministres des Finances du G20 préparatoire au sommet de Londres.
Au cours des derniers jours, des déclarations ont laissé supposer qu'Américains et Européens avaient une vision différente de ce qui doit ressortir du G20.
Des propos du directeur du Conseil économique national américain, Lawrence Summers, ont nourri l'inquiétude que les États-Unis soient plus intéressés par une relance de l'économie que par un nettoyage du système financier, dont les dysfonctionnements, aux États-Unis en particulier, ont contribué pour une grande part à la crise mondiale.
A contrario, la présidence tchèque de l'UE s'est montrée hier très réservée sur les appels des États-Unis à dépenser davantage pour aider l'économie à repartir, invoquant la nécessité pour l'Europe de contrôler les déficits.
Devant tant d'incertitudes, les Bourses européennes qui avaient fortement rebondi la veille sont dans l'ensemble restées dans le vert, mais ont pris leurs bénéfices.
La Bourse de Francfort a terminé en hausse de 0,70%, Paris de 0,39%. Londres a été la seule grande place européenne à finir en baisse (-0,58 %). L'indice Eurostoxx 50, baromètre boursier européen, s'est apprécié de 0,69 %. Wall Street au même moment revenait à l'équilibre après quelques gains initiaux.
Les mauvaises nouvelles ont encore été nombreuses sur le front macroéconomique ou s'agissant des entreprises.
Au Japon, les commandes de biens d'équipement du secteur privé ont diminué en janvier pour le quatrième mois consécutif, soit la plus longue période de déclin jamais enregistrée.
En Allemagne, les prix à la production ont reculé nettement plus qu'attendu en janvier, de 1,2 % contre une prévision de 0,1 %. D'autre part, la chancelière Angela Merkel a prévenu que son gouvernement n'aiderait que les entreprises « qui ont un avenir ».
En Grande-Bretagne, le déficit commercial s'est creusé à 7,7 milliards de livres en janvier, après 7,2 milliards en décembre.
Au Danemark, la balance des comptes courants a enregistré un déficit de 2,7 milliards de couronnes (362 millions d'euros) en janvier.
En Norvège, le fonds de pension public du pays, l'un des principaux fonds souverains au monde, a annoncé avoir perdu 71,5 milliards d'euros l'an dernier.
Le transport aérien connaît également de sérieuses turbulences.
La première compagnie allemande, Lufthansa, a vu son bénéfice net chuter de 64 % en 2008, tandis que Cathay Pacific, dont le siège est à Hong Kong, a perdu 870 millions d'euros, et l'irlandaise Aer Lingus 107,8 millions d'euros.
L'allemand Continental a annoncé la fermeture de deux sites de production de pneus en Europe pour cause de recul de la demande.
Le fabricant de cigarettes et de cigares hispano-français Altadis (groupe Imperial Tobacco) a fait état de la suppression nette de 613 emplois en Espagne, soit environ 10 % des effectifs du groupe dans ce pays.
Côté immobilier, le plan de renouveau du quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, qui prévoyait la construction de 450 000 m2 de bureaux à l'horizon 2015, va prendre du retard.

