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Liban - Programme

Visite d’une délégation britannique musulmane au Liban

À l'initiative de l'ambassade du Royaume-Uni, une délégation de musulmans de Grande-Bretagne a passé une semaine au Liban, tournant auprès de diverses instances islamiques. Le but est de présenter l'islam vécu en Grande-Bretagne.
Cette visite s'inscrit dans le cadre d'un programme financé par le Foreign Office. Lancé en 2005, le projet regroupe une trentaine de Britanniques musulmans, travaillant notamment au sein d'ONG. Le groupe a visité plusieurs pays dont la Turquie, l'Égypte, l'Iran et le Soudan. Dans ses diverses tournées, il tente de corriger la perception erronée que beaucoup de musulmans ont de l'islam en Grande-Bretagne et qui croient que leur coreligionnaires ne peuvent pas pratiquer et prier en liberté en Europe.
Le Royaume-Uni compte deux millions de musulmans et environ 1 500 mosquées.
Au cours de sa visite au Liban, le groupe s'est rendu notamment à Dar el-Fatwa, à Anjar, à Tripoli, à la Fondation al-Imam al-Sadr, à l'Université arabe, au Centre culturel islamique à Haret-Hreik. Il s'est également entretenu avec le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan, et avec l'uléma chiite sayyed Mohammad Hussein Fadlallah.
Comment peut-on être musulman en Grande-Bretagne sans être taxé de terroriste, notamment après les attentats de Londres en juillet 2005 et 2007 ? Comment conjuguer islam et modernisme ? C'est à ces questions que des musulmans britanniques ont notamment répondu. Ils ont exposé leur point de vue qui n'engage pas le ministère britannique des Affaires étrangères ou l'ambassade du Royaume-Uni au Liban.
Fatim Kurji est avocate. Elle est née au Royaume-Uni de parents d'origine indienne. Impliquée dans les affaires sociales, elle a lancé une ONG visant à améliorer le quotidien des communautés locales. Sa première activité était de distribuer des rations alimentaires à des centaines de sans-abri à l'occasion de la fête de l'Adha.
Fatim Kurji parle d'une culture mondiale, précisant à L'Orient-Le Jour que son identité est faite d'un mélange d'Orient et d'Occident et que les personnes qui l'entourent en Grande-Bretagne devraient la juger sur son comportement et non sur son appartenance religieuse.

Une image positive de l'islam
En réponse à une question relative au terrorisme qui a pour base le fondamentalisme musulman, elle note : « Il faut être honnête et reconnaître que ce terrorisme existe, mais il faut aussi reconnaître que la plupart des musulmans ne sont pas des terroristes et qu'ils devraient eux-mêmes lutter contre le terrorisme. Les musulmans ont, eux aussi, peur des attentats terroristes parce que leurs auteurs ne font pas la différence entre un musulman et un non-musulman. » « Les musulmans devraient dénoncer le terrorisme et reconnaître que cela ne fait pas partie de l'islam, ainsi les terroristes ne pourront plus utiliser l'islam comme excuse », a-t-elle ajouté, soulignant que « notre rôle est de projeter une image positive de l'islam ».
Parlant de son expérience et de son travail, cette jeune femme qui porte le hijab a souligné : « Je suis avocate, je travaille dans un milieu constitué majoritairement d'hommes, non musulmans à la peau blanche. Je suis une preuve vivante que l'on peut arriver à se réaliser à briser les barrières car le Royaume-Uni est une société de mérite. »
Interrogée sur son port du voile, elle a affirmé que « le port du hijab n'a rien à voir avec le fait de prôner un islam modéré ou extrémiste. Ce n'est pas un synonyme de modernité ou de conservatisme. Je porte le hijab par conviction et j'ai de la chance parce qu'en Occident tout le monde a la liberté de pratiquer sa religion ».
Yamam Nabil est le fils du poète irakien, Nabil Yassine. Ayant exercé le métier de journaliste auprès de plusieurs entreprises anglaises et internationales, il travaille actuellement dans une ONG pour l'intégration des jeunes à travers le sport. L'association travaille à l'instruction des formateurs dans plusieurs pays, notamment en Angleterre, en Irak et dans les territoires autonomes palestiniens. Elle rassemble des jeunes de divers bords à travers le foot. Ce projet devrait voir prochainement le jour au Liban.
L'expérience de Yamam est fort intéressante. Tout petit, il a fui le régime de Saddam Hussein avec ses parents, des universitaires opposants, qui se sont établis en Hongrie. À la fin des années 80 et suite à des pressions d'agents irakiens en Europe de l'Est, la famille s'est installée au Royaume-Uni.

« L'Europe n'est pas raciste »
Cet Irakien fier de ses origines et de son pays où, « il y a longtemps, cohabitaient musulmans, chrétiens et juifs » ne mâche pas ses mots : « Nous accusons l'Europe de racisme, or les Arabes sont eux-mêmes racistes. L'Europe donne la nationalité à ceux qui naissent sur son territoire ou à ceux qui y vivent pendant des années, les pays arabes ne font pas cela. L'Europe n'est pas raciste », souligne-t-il.
« Nous avons besoin de changements radicaux dans nos sociétés, au Moyen-Orient. Nous devons le faire car nous sommes les héritiers des plus anciennes civilisations du monde et pour les préserver, il faut changer », dit-il.
« Nous sommes nouvellement installés en Europe. Les gens peuvent être suspicieux quand on vient d'arriver dans un pays et quand quelques-uns parmi nous affirment que la Grande-Bretagne doit être musulmane ou doit appliquer la charia », souligne Yamam Nabil. « Dans notre monde, nous n'avons ni liberté de presse, ni respect des droits des femmes, ni démocratie », ajoute-t-il.
« C'est très facile d'être un musulman moderne en Grande-Bretagne parce que le pays dispose de lois et d'une constitution qu'on respecte et parce que la Grande-Bretagne est une démocratie », dit-il, soulignant la nécessité de « s'accepter l'un l'autre et de vivre en paix tous ensemble. »
« Je crois que nous sommes jaloux de l'Occident. Il faut que les musulmans refusent ce qui se passe et disent que l'on ne peut pas tuer en notre nom », affirme Yamam Nabil. « Il faut aller vers l'autre, s'ouvrir aux autres, entamer un dialogue de cultures et non un dialogue de religions car ce n'est pas la religion qui définit l'être humain. C'est qu'avant d'appartenir à telle ou telle religion, nous sommes des êtres humains », dit-il en conclusion. 
Cette visite s'inscrit dans le cadre d'un programme financé par le Foreign Office. Lancé en 2005, le projet regroupe une trentaine de Britanniques musulmans, travaillant notamment au sein d'ONG. Le groupe a visité plusieurs pays dont la Turquie, l'Égypte, l'Iran et le Soudan. Dans ses diverses tournées, il tente de corriger la perception erronée que beaucoup de musulmans ont de l'islam en Grande-Bretagne et qui croient que leur coreligionnaires ne peuvent pas pratiquer et prier en liberté en Europe. Le Royaume-Uni compte deux millions de musulmans et environ 1 500 mosquées. Au cours de sa visite au Liban, le groupe s'est rendu notamment à Dar el-Fatwa, à Anjar, à Tripoli, à la Fondation al-Imam al-Sadr, à l'Université arabe, au Centre...
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