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Lifestyle - Success Story

L’univers intemporel de Bokja

Quand l'Est retrouve l'Ouest après un long voyage, ils s'installent sur des chaises qui n'ont pas d'âge, s'enrobent de couleurs magiques et se mettent à écouter leurs histoires ! Ces chaises vintage sont signées Bokja, elles ont les couleurs du monde et le savoir-faire du Liban. 
Il aura fallu un bon mélange savamment dosé d'imagination et d'instinct pour réussir à faire atterrir les couleurs d'Ouzbékistan à Miami, les textures du Kurdistan au Koweït ou les motifs de Mongolie à Paris. Les imaginer hors de leur contexte et redonner à tous ces tissus un parcours différent et une autre jeunesse. Beaucoup de talent pour habiller un fauteuil des années 50, 60 ou 70 avec différents tissus ethniques qui ont célébré leur centenaire et le transformer en une pièce plus contemporaine. Le tout sous le label Bokja, une griffe qui claque comme un son indéfinissable, qui symbolise le drap qui enfermait tous les trésors d'une jeune mariée à emporter avec elle pour la vie. Mais un mot qui se retient très vite et qui fait sourire, dans une langue qu'une grande partie du monde ne comprend pas.
Et pourtant, elles l'ont fait ! En réunissant leur inaltérable enthousiasme, leur complémentarité et leurs différences, Hoda Baroudi et Maria Hibri ont créé une gamme de pièces uniques, tous les jours renouvelables et renouvelées par leur imagination et ces merveilles de soieries ramenées de civilisations et même d'individus qui transportent un passé, une histoire et une belle âme.

Tous les chemins de la soie mènent à Beyrouth
Elles avaient beau y croire, être sûres qu'avec une passion sans limites géographiques ou humaines, elles iraient loin, le duo Bokja ne pensait pas arriver aussi vite à vendre ses pièces en exclusivité chez ABC Carpet and Home à New York, exposer leurs œuvres « comme des œuvres d'art » à la galerie parisienne Zen du Marais, installer leurs meubles dans des hôtels de charme à Marrakech, dans des résidences en Suisse, en Italie ou à Singapore et meubler toutes les boutiques du célèbre chausseur Christian Leboutin dans le monde. Avoir enfin pour clients cheikh Maged el-Sabah, Kate Hudson, Julia Roberts, Ethan Hawk, Salma Hayeck, Hillary Clinton, Sandra Bullock. Et la bénédiction de la célèbre Li Edelkoort, icône du design et de la mode, experte internationale des tendances en design. On comprend dès lors leur fierté et cette énergie renouvelée, recyclée, puisqu'elles s'attachent beaucoup au développement durable, qu'elles placent dans cette « affaire de cœur » qui a démarré presque par hasard, comme une belle improvisation.

Rencontre de deux passions
La première, Hoda Baroudi, avait un penchant pour les tissus anciens, ravivé par un coup de foudre pour les soieries qu'elle découvre au cours d'un voyage en Ouzbékistan. La seconde, Maria Hibri, raffolait de meubles anciens et autres antiquités qu'elle chinait aux États-Unis et revendait au Liban. C'est dans le local de cette dernière, Aloha, autrefois consacré également aux fleurs, qu'elles trouvent leur inspiration. Un étoffe jetée sur une chaise ancienne, pour mieux la voir, et l'évident « pourquoi ne pas la tapisser avec cette magnifique soierie ? ». « La pièce s'est construite d'elle-même, confient-elles, avec un contraste séduisant entre le style du tissu et celui du meuble. L'amalgame était réussi. » Leurs artisans, des artistes, s'appellent Abou Wissam, Moallem Kassem ou Mahmoud. « Ce sont tous les "enfants du quartier". Nous ne voulons pas, poursuivent ladies Bokja, faire de l'ethnique. Ce qui nous intéresse, c'est réinventer nos traditions avec une touche moderne, bien que l'ancien et tout ce qui a un vécu nous inspire. »
  Depuis leur première exposition en 2000 jusqu'à la ALEF Design Miami, qui eut lieu le mois dernier et « qui nous a donné une reconnaissance internationale », elles ont parcouru des kilomètres de tissus et de civilisations pour, inlassablement, trouver l'étoffe, à chaque fois la première et la dernière, et le meuble idéal pour l'enrober. Elles ont également à leur actif leurs propres créations de fauteuils, dans la même veine créatrice.  « Chaque tissu, quand nous le choisissons, nous raconte une histoire. Nous espérons que chacune de nos pièces racontera à son tour la sienne. » Ici ou ailleurs. En avril prochain, elles seront auprès de designers connus à l'ABC Carpet and Home de New York pour l'exposition « All good things ». « Il y a un univers Bokja, nous voulons que le monde le sache. »  
Avant de partir, le regard, jeté une dernière fois sur cet univers peuplé de couleurs, est attiré par une série de fauteuils qui semblent interpeller le visiteur. Un début de discussion s'installe... la mosaïque de tissus qui les enveloppe dessine une robe. Le meuble devient une femme, avec une expression, un sourire et un charme particuliers, qui finit d'ailleurs par lancer, en guise d'au revoir : « À bientôt, à Saïfi. » Au printemps, Bokja déménage dans le quartier des artistes. Avec pignon sur rue, leurs créations se feront certainement beaucoup de nouveaux amis.
Il aura fallu un bon mélange savamment dosé d'imagination et d'instinct pour réussir à faire atterrir les couleurs d'Ouzbékistan à Miami, les textures du Kurdistan au Koweït ou les motifs de Mongolie à Paris. Les imaginer hors de leur contexte et redonner à tous ces tissus un parcours différent et une autre jeunesse. Beaucoup de talent pour habiller un fauteuil des années 50, 60 ou 70 avec différents tissus ethniques qui ont célébré leur centenaire et le transformer en une pièce plus contemporaine. Le tout sous le label Bokja, une griffe qui claque comme un son indéfinissable, qui symbolise le drap qui enfermait tous les trésors d'une jeune mariée à emporter avec elle pour la vie. Mais un mot qui se...
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