On l'a dit et redit, une nouvelle génération a pris le pouvoir dans l'équipe de France. Mais il reste qu'elle s'inscrit dans la durée d'illustres aînés qui ont avant eux représenté les couleurs de la France. Idem pour les Tchèques. L'histoire jouera-t-elle un rôle à Ostrava ? Elle peut, dans tous les cas, ajouter à la vigilance de Guy Forget : les Tchèques n'ont jamais été un adversaire facile. Il faut remonter à 1924 pour retrouver leur première confrontation et à 2002 pour la dernière, autant dire qu'on parle là entre habitués. La période allant de 1979 à 1984 voit surtout les deux équipes s'affronter quatre fois avec des matches dignes des derniers tours de tournois du grand chelem.
En 1979 et 1980, en deuxième division, la Tchécoslovaquie emmenée par Ivan Lendl s'imposent deux fois (4-1 et 5-0) sur terre battue, à Roland-Garros d'abord et à Prage ensuite. Lendl ramène ses deux points du simple en dominant Noah et Gilles Moretton. Les deux battus s'inclinent également en double et seul Noah sauvera l'honneur contre Tomas Smid.
La défaite est encore plus cuisante l'année suivante où Lendl toujours fait la loi contre Portes et Roger-Vasselin. Avec la victoire de 1975, les Tchèques en sont à ce moment-là à trois victoires de rang contre la France. Cette dernière va aller chercher sa revanche au forceps (3-2) en 1982 avec le trio Noah- Leconte-Tulasne. Sur terre battue à Roland-Garros, Noah remporte le premier point contre Smid, alors que Tulasne perd le sien 6-4 au cinquième face à l'inamovible Lendl. Leconte et Noah arrachent alors en quatre manches le point du double contre Slozil et Smid. Le dernier jour, Noah va enfin rompre la malédiction des Bleus face à Lendl en décrochant le point décisif 6-4 au cinquième. Les Bleus remportent ainsi leur quart de finale du groupe mondial.
Des victoires au forceps et jamais à l'extérieur
Ils le perdront pourtant en 1984 à Hradec Kralova, malgré la victoire en trois sets de Leconte sur Lendl. Mais Smid battra Forget et enchaînera dans le double avec Slozil contre Leconte et Portes, avant que Lendl ne domine Forget pour le point décisif. Il aura alors fallu attendre 18 ans pour des retrouvailles, à Pau en 2002. Sur leur sol, les Bleus arrachent la victoire grâce à un cinquième match remporté au courage par Fabrice Santoro contre Bohdan Ulihrach, 6-3 au cinquième. Sébastien Grosjean avait apporté le premier point contre Ulihrach, mais Escudé avait perdu le second. Michaël Llodra et Santoro avaient ensuite fait basculer les Bleus en tête lors du double avant que Novak ne ramène les Tchèques contre Grosjean. Depuis, le chemin des deux nations ne s'était plus croisé.
Llodra est donc le seul Bleu du groupe qui se trouve à Ostrava ayant participé à la dernière victoire de la France contre les Tchèques. Accompagné aujourd'hui par ce qui peut ressembler à une dream team avec Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Richard Gasquet et Gaël Monfils, il pourait bien participer au lancement de cette nouvelle ère.
Stepanek et Berdych n'ont pas le palmarès ni l'aura d'un Lendl, mais ils jouent pour un pays qui n'a plus perdu à domicile face aux Bleus depuis 1926. Aux tricolores de faire dévier le cours de l'histoire.


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