Après l'invasion de son territoire en août 1990 par l'Irak, le Koweït fut occupé pendant sept mois par les troupes de l'ancien président Saddam Hussein. Le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, a dressé récemment une liste des problèmes en suspens entre les deux pays, comme l'accord d'unification (exploitation en commun) du champ pétrolifère à la frontière, la démarcation de la frontière maritime et les milliards de compensation réclamés par le Koweït.
Durant sa rencontre avec le ministre koweïtien, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a tenu à son tour à rassurer son interlocuteur. « Certains Arabes gardent la même perception de l'Irak qu'à l'époque de Saddam Hussein. Nous leur disons que notre pays est basé aujourd'hui sur la Constitution et la démocratie comme le prouvent les dernières élections » provinciales du 31 janvier, a-t-il dit. La Constitution interdit toute visée agressive de l'Irak contre ses voisins. « Nous voulons que nos frères arabes regardent l'Irak d'une nouvelle manière, car les problèmes que nous avons sont les scories de l'ancien régime », a-t-il encore dit.
Cette visite intervient au lendemain de la célébration à Bagdad par le Koweït, pour la première fois depuis 18 ans, de sa libération par une coalition de forces internationales dirigée par les États-Unis. Les deux pays, dont les relations ont été mouvementées ces dernières décennies, doivent encore régler un lourd contentieux. Le Koweït a déjà reçu 13,3 milliards de dollars de compensations de l'Irak pour l'invasion et l'occupation. Des dizaines de milliards de dollars de plus sont encore à verser. Bagdad souhaite obtenir du Koweït un étalement des compensations qu'il doit débourser.
D'autre part, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, est arrivé hier à Bagdad alors que se rapproche l'échéance du retrait des 4 100 soldats britanniques basés dans le sud de l'Irak, a indiqué le ministère irakien des Affaires étrangères. Il s'agit de la seconde visite du ministre britannique en moins d'un an. Selon un diplomate britannique, il doit rencontrer les deux vice-présidents irakiens, le Premier ministre, Nouri al-Maliki, et son homologue, Hoshyar Zebari. Il se rendra aujourd'hui à Bassora, dans le sud du pays, pour rencontrer les soldats qui y sont stationnés ainsi que les membres du nouveau conseil provincial, largement dominé par les partisans de M. Maliki.

