Le constructeur automobile américain General Motors a annoncé hier une perte nette de près de 31 milliards de dollars en 2008, selon des chiffres préliminaires. Au quatrième trimestre, la perte nette s'est creusée à 9,6 milliards contre -1,5 milliard un an auparavant. GM a également fait bien moins qu'attendu en terme de chiffre d'affaires, avec des revenus de 149 milliards de dollars en 2008 et de 30,8 milliards sur le trimestre.
D'autres grandes entreprises ont annoncé hier de lourdes pertes, comme le numéro un mondial de la chimie, l'allemand BASF (-313 millions d'euros au 4e trimestre) qui va supprimer plus de 1 500 emplois.
En Grande-Bretagne, Royal Bank of Scotland (RBS) a accusé la perte la plus élevée jamais enregistrée par une entreprise britannique : 24,1 milliards de livres (27 milliards d'euros) en 2008. Elle compte vendre une grande partie de ses actifs pour rapetisser et redevenir surtout locale.
Mais les marchés ont applaudi l'intervention de l'État britannique, qui assurera 325 milliards de livres d'actifs risqués de RBS, dont il couvrira les pertes à hauteur de 90 %.
Autre nouvelle qui a satisfait la Bourse, la décision de la banque suisse UBS, l'une des plus touchées par la crise, de remplacer son directeur général Marcel Rohner par Oswald Grübel, l'ancien patron de Credit Suisse.
En France, d'autres banques, les plus fragilisées, ont annoncé de lourdes pertes. Natixis, de loin la banque française la plus touchée, a dévoilé 2,8 milliards d'euros de pertes 2008. La franco-belge Dexia a enregistré une perte de 3,326 milliards d'euros, plus lourde que les 3 milliards annoncés précédemment.
La Caisse d'épargne a annoncé une perte historique de plus de 2 milliards d'euros en 2008 et la Banque populaire a enregistré sa première perte depuis des décennies, 468 millions d'euros en 2008.
Parallèlement, la fusion Banque populaire-Caisse d'épargne, poussée par l'État français, devait être officialisée. L'État compte prendre 20 % de la future deuxième banque française, mais la polémique reste vive sur la nomination d'un proche de l'Elysée, François Pérol, confirmé à la tête de cette nouvelle banque.
En Allemagne, l'assureur Allianz a affiché 2,44 milliards d'euros de pertes 2008, à cause de son ancienne filiale bancaire Dresdner Bank, en perte de 6,4 milliards. Hors Dresdner, Allianz est resté largement bénéficiaire.
Ce cocktail de déficits n'a pourtant pas découragé les marchés : les Bourses européennes ont évolué dans le vert tout au long de la journée, portées par les valeurs financières. À Londres, le Footsie-100 a terminé en hausse de 1,73 %, le CAC 40 parisien a gagné 1,78 % et le Dax de Francfort 2,51 %.
Aux États-Unis, les investisseurs n'ont pas été échaudés par l'effondrement des commandes de biens durables aux États-Unis en janvier (-5,2 %), bien au-delà des attentes des analystes (-2,5 %), ni par le maintien à un niveau très élevé du nombre de nouveaux chômeurs inscrits lors de la semaine achevée le 21 février (667 000) ou par l'effondrement des ventes de logements neufs (-10,2 % en janvier).
Les valeurs financières soutenaient le marché alors que Barack Obama prévoit d'inclure par précaution dans son projet de budget 250 milliards de dollars supplémentaires pour sauver les banques américaines.
La Fed et le Trésor ont annoncé qu'ils compenseraient les pertes potentielles des grandes banques dans les deux années à venir. L'État pourra acheter des actions mais sans droit de vote, ce qui écarte une véritable nationalisation, au grand soulagement de Wall Street.
Au plan macroéconomique, les nouvelles étaient pourtant peu engageantes.
Le projet de budget pour l'État fédéral américain publié jeudi table sur une contraction du produit intérieur brut des États-Unis de 1,2 % en 2009 et sur un déficit équivalent à 12,3 % du PIB pour l'exercice budgétaire 2009 (voir par ailleurs).
Le Japon risque de subir « sa pire récession » depuis 1945, avec une chute de 4 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2009, s'est alarmée dans un rapport l'agence de notation financière Standard & Poor's.
Le moral restait en berne en zone euro, où la confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs est tombée en février à un nouveau plus bas historique.
En Allemagne le taux de chômage a augmenté à 8,5 % en février, avec 3,552 millions de chômeurs, 63 000 de plus qu'en janvier. La Norvège et le Danemark ont eux aussi annoncé un chômage accru, après la France mercredi. Pourtant les ménages allemands ont davantage le moral, grâce à la prime à la casse et une inflation minime, selon une enquête de l'institut GfK.
La Chine a, quant à elle, affirmé que la crise n'avait qu'un « impact limité » sur son système bancaire.

